Une plage propre : qu'est-ce que c'est au juste ?
Avant l'arrivée des premières vagues de touristes, les communes du littoral prennent soin de leurs plages. Mais qu'est-ce qu'une plage propre ? Magénération profite de l'occasion pour faire un tour d'horizon des plages les plus respectueuses de la nature et pour battre en brêche les idées reçues.
A quoi ressemble une plage ? A priori, juste un bord de mer aussi large qu’une autoroute, rempli de sable fin, dépourvu d’algues et de cadavres de méduses. Bref, pour plaire à ses vacanciers, une plage doit être vidée de ses débris naturels. Mais il y a pire encore : les débris d'origine humaine. Mégots de cigarettes, bouteilles, emballages, bidons d’essence... de nombreuses plages sont devenues de vrais dépotoirs. Si les plages de Méditerranée sont les plus fréquentées, ce n'est pas seulement parce que le soleil y brille plus qu'ailleurs. Le sable y est souvent plus blanc que la peau d’un normand fraîchement débarqué sous le soleil de la Côte d’Azur.
Une plage propre mais aussi vivante
Certes, quand on se baigne dans la Méditerranée, il n’y a ni galets pointus qui s’enfoncent douloureusement sous la plante des pieds ni filaments d’algues qui s’accrochent aux chevilles. Mais les plages de l'Ouest ne sont pas pour autant plus sales que les autres. Bien au contraire. La grande tempête de 1999 et la marée noire de 2002 ont poussé les communes du littoral atlantique à s'équiper afin de rendre leurs plages plus propres. Ratissage, criblage, tamisage, ramassage : les techniques de nettoyages se sont enfin mécanisées.
Des méthodes pas forcément écolos puisque les bulldozers ne font aucun tri sur leur passage. Algues, animaux, sable... tout y passe. Résultat : la structure des plages se modifie profondément. “Si tout le monde s’accorde sur la nécessité d’éliminer les déchets d’origine humaine, les débris naturels, loin de dégrader l’environnement, contribuent à l’équilibre naturel des plages. Ils sont ainsi à la base d’une chaîne alimentaire qui fournit habitat et lieu de ponte aux invertébrés et aux oiseaux", explique Laurent Mignaux du ministère de l’Ecologie.
La mer a ses attaches
Cette nécessité de préserver la biodiversité a une appellation : la “laisse de mer”. “Laisser en l’état les débris naturels permet donc de maintenir une plage stable et vivante, notamment sur l’estran (entre les limites de marée haute et de marée basse), la partie la plus sensible”, conclut Laurent Migneaux. Qu’en déduire ? Que maintenir cette laisse de mer contribue à lutter contre l’érosion des plages puisque sa décomposition permet le développement d’une végétation qui fixe les dunes. Bref, ramasser les déchets, oui, mais se débarasser de tout, non. Et pour ceux qui ne supportent pas les herbes visqueuses, reste une bouée de secours, la Côte d’Azur.
Plages propres, palmarès
Afin de mieux départager les plages propres des déchetteries de bords de mer, un label Pavillon Bleu est décerné tous les ans par la Fondation pour l'éducation à l'environnement en Europe aux communes les plus respectueuses de la nature.
Les critères de sélection sont rigoureux. Ils portent sur la gestion des déchets, la gestion de l'eau et la gestion du site. Le Pavillon Bleu garantit la propreté des plages, la qualité des eaux de baignades (par le biais d’analyses et de prélèvements réguliers) et un équipement adéquat sur les plages (en gros, des sanitaires bien entretenus).
Les communes doivent également mener une politique d'éducation et de sensibilisation du public à l'environnement : "Code de bonne conduite" environnemental, informations sur les sites naturels, les animaux protégés, ou encore incitation des touristes à utiliser des moyens de locomotion "verts", comme le vélo par exemple. Une commune avec le label Pavillon Bleu doit obligatoirement avoir au moins une plage accessible et aménagée pour les personnes à mobilité réduite.
Pour cet été, autant dire que vous avez l’embarras du choix. 242 plages surfent désormais sur la vague de la propreté. Et, bien évidemment, il y a de nombreux écarts en fonction des régions. Si la Méditerranée est très bien représentée, avec de nombreuses plages des Alpes-Maritimes ou de l'Hérault, la Bretagne, à l'inverse, est quasiment absente. Le Finistère et ses centaines de plages classent deux communes seulement en Pavillon Bleu, Fouesnant et Roscoff. Les Côtes d'Armor sont totalement absentes. Dans le Nord, seul Gravelines est lauréate. De la même manière, Le Havre (avec son port et ses raffineries) affiche le seul Pavillon Bleu de Seine-Maritime. Et Paris Plage, chère au maire de Paris ? A priori, elle ne figure même pas sur la liste d’attente.
Info pratique :
Les résultats complets du palmarès sur le site Pavillon Bleu.
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Commentaires (1)
Malick | il y a 5 mois Signaler un abus Signaler un abus
La plage d'Oléron est dans le palmarès. Je la fréquente depuis longtemps, ce n'est pas pour rien !!