Benoît XVI au chevet de l'ONU
Publié le 18 avril 2008 à 19h32 par
Benoît XVI, s'exprimant ce vendredi à la tribune des Nations unies, à New-York, a plaidé pour une plus grande coopération entre les Etats afin de résoudre les conflits mondiaux, dans le cadre de l'ONU, notamment. A mots couverts, le souverain pontife a regretté l'intervention unilatérale des Etats-Unis en Irak. Il a également demandé que la liberté de croyance soit strictement respectée.

Benoit XVI s'est pour la première fois exprimé à la tribune de l'ONU. (Reuters)
Benoît XVI a entamé ce vendredi son marathon de New-York. Avant, notamment, de se recueillir à Ground Zero en hommage aux victimes du 11-Septembre - ce sera dimanche -, le souverain pontife s'est exprimé ce vendredi à la tribune des Nations unies, pour ce que le Vatican qualifiait d' "évènement clou" de son voyage aux Etats-Unis. Parlant d'abord en français, puis en anglais, le chef de l'Eglise catholique, le troisième pape de l'Histoire, après Paul VI (1965) et Jean-Paul II (1983 et 1995), à se livrer au prestigieux exercice, a exhorté les Etats à rechercher le consensus face aux problèmes qui secouent la planète. Moment clé de son discours, il a appelé la communauté internationale à agir dans les pays qui ne garantissent pas le respect de la dignité humaine à leurs propres ressortissants.
L'ONU "en crise"
"Si les Etats sont incapables de garantir une telle protection, a déclaré Benoît XVI, la communauté doit intervenir avec les moyens juridiques fournis par la Charte des nations unies et les autres instruments internationaux". Comment ne pas voir dans cette assertion, un appel à l'intervention au Darfour, région soudanaise menacée de génocide par le gouvernement central de Khartoum? En prenant soin de s'en tenir à des considérations générales, le souverain pontife a également égratigné les Etats-Unis, regrettant, sans le dire, l'intervention unilatérale de l'US Army en Irak en 2003. Réalisée sans le feu vert de l'ONU, celle-ci a contribué à "la crise" du consensus multilatéral. Consensus "encore subordonné aux décisions de quelques-uns, a estimé le souverain alors que les problèmes du monde appellent des interventions de la communauté internationale sous la forme d'une action collective".
Intervenant dans le cadre du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, le pape n'a pas manqué de qualifier ceux-ci de "langage commun et le substrat éthique des relations universelles". La promotion des droits humains serait selon lui la meilleure façon de répondre à la violence qui gangrène certaines régions du globe. "Les victimes du désespoir, dont la dignité est violée avec impunité, sont ceux qui deviennent les proies faciles des appels à la violence, pouvant conduire à une violation de la paix", a analysé le pape. Dans la liste des droits élémentaires de chaque individu, Benoît XVI a réservé un sort particulier à la "liberté religieuse", réclamant la protection de celle-ci, contre le laïcisme, mais également contre les religions majoritaires qui nient les croyances minoritaires. "Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits", a-t-il lancé à la prestigieuse assemblée générale des Nations unies, debout à l'issue de son intervention.
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