Betancourt: Il faudra attendre
Publié le 20 novembre 2007 à 19h52 par
Attendu en libérateur par les familles des otages retenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie, Hugo Chavez est arrivé à Paris mardi les mains vides. Le président vénézuélien n'a aucune preuve de vie d'Ingrid Betancourt. Aux côtés de Nicolas Sarkozy, il s'est toutefois dit certain qu'elle était vivante. Les Farc se sont engagées à en donner la preuve avant la fin de l'année.

A Paris, Chavez a promis à toute la famille Betancourt d'apporter des preuves de vie avant la fin 2007. (Reuters)
"Ingrid est vivante, j'en suis absolument certain". La famille d'Ingrid Betancourt, retenue en otage par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis cinq ans, devra se contenter de ça. Pour le moment. Sur le perron de l'Elysée, aux côtés de Nicolas Sarkozy, le président vénézuélien n'a pas été en mesure d'apporter une preuve de vie concrète de l'otage franco-colombienne. Ces dernières semaines, il avait pourtant répété à plusieurs reprises qu'il apporterait de "bonnes nouvelles" au président français.
Seule preuve apportée par le leader vénézuélien mardi : une lettre écrite par Manuel Marulanda, le chef de la guérilla marxiste. Ce courrier a été transmis des Farc à Hugo Chavez par le biais de la sénatrice colombienne, Piedad Cordoba, celle-là même qui avait fait appel au président vénézuélien, à la fin de l'été, pour qu'il prenne en charge la médiation du dossier. Ce qu'avait accepté le président colombien, Alvaro Uribe, tablant sur la proximité idéologique entre Chavez et les Farc.
"Nous avons reçu une lettre de Manuel Marulanda dans laquelle le chef des Farc s'engage à fournir une preuve de vie avant la fin de l'année, non seulement concernant Ingrid Betancourt, mais aussi les autres otages", a déclaré Hugo Chavez, à l'issue d'un déjeuner avec Nicolas Sarkozy mardi, avant de se dire "très optimiste quant aux chances de libération" des otages. Interrogé sur les chances de succès de cette médiation, le président vénézuélien a estimé qu'en trois mois, il avait en trois mois "réussi des choses qui n'ont jamais été réussies en cinq ans".
Le regret de l'Elysée
Une déclaration qui peut être perçue comme une pique lancée au gouvernement colombien. Et ce d'autant plus, qu'elle intervient alors que le président colombien, Alvaro Uribe, a déclaré mardi que son homologue vénézuélien avait jusqu'à la fin du mois de décembre pour obtenir la mise en place d'un échange humanitaire, entre les otages et les guérilleros aux mains du pouvoir colombien. Une date butoir qui prouve l'impatience du président conservateur vis-à-vis de l'initiative du dirigeant de gauche. Réponse d'Hugo Chavez : "L'impatience n'est pas bonne conseillère. Je dois parler à Alvaro Uribe pour clarifier la situation."
De son côté, la présidence française, qui a fait de la libération d'Ingrid Betancourt l'un de ses objectifs prioritaires en terme de politique extérieure, est restée très prudente quant à l'issue de la crise. Le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, a déclaré que le chef de l'Etat avait "pris note des assurances données par les Farc au président Chavez que des preuves de vie des otages seraient rapidement fournies tout en regrettant que ces nouvelles promesses n'aient pas encore été suivies d'effets".
Ces preuves de vie sont "indispensables pour à la fois être rassurés sur le sort des otages et pour s'assurer de la sincérité des Farc à rechercher une solution humanitaire", a déclaré le porte-parole de Nicolas Sarkozy.
La fille d'Ingrid Betancourt, Mélanie Delloye, qui a également rencontré le président Chavez, a estimé pour sa part que "la balle était dans le camp des Farc". "On attend de leur part cette preuve de vie. Marulanda, le chef des Farc, l'a promis, on attend vraiment de lui qu'il tienne sa promesse", a-t-elle déclaré, après avoir rencontré Nicolas Sarkozy en compagnie d'autres membres de la famille de l'otage, son fils Lorenzo, son ex-mari Fabrice Delloye, son mari Juan-Carlos Lecompte, sa mère Yolanda et sa soeur Astrid. La mère d'Ingrid Betancourt était, elle, plus optimiste: "La parole que la guérilla a donné à Chavez, c'est important. La parole qu'Hugo Chavez a donnée au président Sarkozy, c'est aussi très important. Et pour nous c'est très rassurant."
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