Bush, espoir et travaux forcés
Publié le 14 mai 2008 à 11h50 par
George W. Bush est arrivé mercredi matin en Israël, première étape d'une visite de trois jours au Proche et Moyen-Orient. Le président américain participera aux commémorations du soixantième anniversaire de la création de l'Etat hébreu, et espère relancer le processus de paix, mis à mal par les violences entre Israéliens et Palestiniens et la situation difficile de leurs dirigeants.

George Bush a été accueilli mercredi matin par Ehoud Olmert. (Reuters)
Israël célèbre officiellement le soixantième anniversaire de sa création, ce mercredi, mais n'est toujours pas en paix avec les Palestiniens. C'est dans ce contexte à la fois symbolique et délicat que George W. Bush est arrivé en Israël dans la matinée. L'Etat hébreu est la première étape de sa tournée de trois jours au Proche et Moyen-Orient. Si le président américain participera aux commémorations de la fondation du pays, le 15 mai 1948, c'est davantage la relance du processus de paix qui occupe son esprit. Il en a fait la priorité de sa dernière année à la Maison blanche, censée rehausser le bilan de huit années calamiteuses sur le plan international, puisque marquées, essentiellement, par l'invasion de l'Irak et la guerre qui a suivi.
La conférence d'Annapolis (Maryland) en novembre, avait suscité l'espoir que les dirigeants israéliens et palestiniens trouvent enfin une solution pour faire coexister deux Etats dans la région. Depuis, les violences ont de nouveau augmenté dans la bande de Gaza, où tirs de roquette contre Israël et représailles spectaculaires et meurtrières se succèdent. Les programmes d'agrandissement des colonies en Cisjordanie ont également pesé sur les discussions entre le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
La situation personnelle fragile des deux hommes constitue un dernier frein à leurs négociations. Olmert, critiqué pour la conduite de la guerre au Liban en juillet 2006, est atteint par un scandale de corruption, et sa cote est au plus bas. Il pourrait démissionner s'il était inculpé. Abbas, quant à lui, n'a toujours pas les moyens de contrôler les Territoires palestiniens et de prendre le dessus sur le Hamas, maître de la bande de Gaza.
L'optimisme – feint ou pas – est pourtant de mise chez George W. Bush. Mardi, sur Channel 10, il a dit croire à la création d'un Etat palestinien "d'ici la fin de [sa] présidence", en janvier. Avant l'atterrissage en Israël, mercredi, son conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley a délivré le même message : "[Bush] pense que c'est faisable. De toute évidence, ce sera difficile (...) Il reste peu de temps, mais je pense que les deux camps font des progrès."
Ehoud Olmert semble espérer, lui aussi, que la visite de George W. Bush relancera le processus. Mardi, le chef du gouvernement israélien a déclaré avoir trouvé des "points d'accord sur des dossiers importants" avec Mahmoud Abbas, dont l'entourage s'est montré plus sceptique. "Il y a eu des progrès significatifs et des arrangements (...) mais pas sur tous les problèmes", a-t-il dit sans préciser quels sujets avaient avancé. Il pourrait s'agir des futures frontières de l'Etat palestinien, qui, selon Olmert "détermineront l'avenir" d'Israël. Les questions de Jérusalem et du sort des réfugiés semblent plus difficile à régler. Cette dernière est particulièrement sensible, au moment où les Palestiniens marquent le "Nakba" ("catastrophe"), nom donné à l'exode de quelque 700 000 Palestiniens consécutivement à la création d'Israël.
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