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Bush, les moyens contre la faim

Publié le 02 mai 2008 à 11h34 par

C'est un signe fort que George W. Bush a envoyé jeudi. Face à la crise alimentaire mondiale dont les conséquences pourraient être catastrophiques selon de nombreux analystes, le président américain a demandé au Congrès de débloquer une aide d'urgence de 770 millions de dollars. Une somme colossale qui s'ajouterait aux 200 millions accordés mi-avril.

L'aide alimentaire américaine atteindra 5 milliards de dollars en 2008 et 2009 selon Bush. - Reuters
L'aide alimentaire américaine atteindra 5 milliards de dollars en 2008 et 2009 selon Bush. (Reuters)


Un milliard de dollars. C'est le montant que pourrait atteindre l'aide américaine pour lutter contre les ravages de la crise alimentaire qui secoue la planète depuis plusieurs semaines. "L'Amérique sera à la tête du combat contre la faim dans les années à venir", a prévenu George W. Bush dans un discours jeudi. Il y a deux semaines, 200 millions de dollars d'aide d'urgence avaient été débloqués par le ministère américain de l'Agriculture. "Ce n'est que le début de nos efforts. Je pense qu'il faut faire plus", a expliqué le locataire de la Maison blanche qui a ainsi officiellement demandé au Congrès d'approuver une aide de 770 millions de dollars.

Une fois n'est pas coutume, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, d'habitude farouche opposante de George W. Bush, a approuvé la démarche du président américain et promis une réponse rapide. "Ce n'est pas seulement une décision humanitaire, c'est aussi une question de sécurité nationale", a-t-elle expliqué, faisant référence aux nombreuses émeutes qui ont eu lieu dans de nombreux pays, de l'Egypte à Haïti, en passant par le Bangladesh.

Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale avait qualifié la situation de "critique" dans de nombreux pays. Il y a une dizaine de jours, Josette Sheeran, la directrice générale du Programme alimentaire mondial (PAM) avait tiré le signal d'alarme et en appelait à la générosité des Etats pour combler le manque qu'elle estimait à 750 millions de dollars pour que l'agence onusienne puisse remplir sa mission. Elle a évidemment réagi très favorablement à l'annonce de George Bush. "Cet engagement face au problème de la faim arrive à un moment critique et nous encourageons le Congrès à approuver cette aide aussi vite que possible", a-t-elle commenté.



Au moment même où un sondage indique qu'il est le président le plus impopulaire de l'histoire américaine moderne avec 71% d'opinions défavorables, George W. Bush a visiblement pris conscience de l'urgence de la situation mondiale. "Dans certains des pays les plus pauvres, l'augmentation des prix peut faire la différence entre avoir un repas par jour et devoir se passer de nourriture", a-t-il ainsi argumenté. Selon des conseillers de la Maison blanche, cette aide de 770 millions de dollars, qui pourrait, si elle était effectivement débloquée, être disponible à partir du mois d'octobre prochain, se répartirait en 395 millions destinés à une aide alimentaire d'urgence, 225 millions pour une assistance directe et 150 millions pour soutenir des programmes d'aide au développement, ces deux derniers postes étant gérés par l'Agence américaine pour le développement international (USAID). Cette assistance serait destinée majoritairement à l'Afrique. En revanche, rien ne serait attribué à la Corée du nord, des actions étant déjà menées depuis des mois pour lutter contre la faim dans ce pays, selon des officiels cités par CNN.

Le regard tourné vers la planète, George Bush, tout en rappelant que les Etats-Unis étaient le pays le plus généreux en aide alimentaire dans le monde (5 milliards alloués en 2008 et 2009, a-t-il dit), n'en oublie pas pour autant ses compatriotes. L'administration américaine s'inquiète ainsi de l'augmentation record des prix aux Etats-Unis et des difficultés croissantes rencontrées par la classe moyenne. Le président américain a également profité de ce discours pour appeler les pays qui avaient décidé de limiter leurs exportations de matières premières à levers ces restrictions. Par ailleurs, il s'est prononcé en faveur du développement des matières premières développées avec l'assistance des biotechnologies parce qu'elles sont "plus résistantes" et qu'elles sont dès lors, selon lui, une réponse au problème de la faim dans le monde.


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