Caucase: Le fil des événements
Publié le 16 août 2008 à 20h53 par la Rédaction
Retrouvez les principaux événements dans le conflit qui oppose ce samedi la Géorgie et la Russie en Ossétie du Sud et en Abkhazie.

Les soldats russes restent en poste en Géorgie. (Reuters)
20h34: L'Azerbaïdjan gèle son exportation de pétrole via la Géorgie
En réaction à l'explosion d'un pont ferroviaire à l'ouest de Tbilissi - que la Géorgie impute aux troupes russes - l'Azerbaïdjan a suspendu samedi ses exportations de pétrole via des ports de l'Ouest de la Géorgie. Le pont de Kaspi était le principal axe ferroviaire entre l'Est et l'Ouest du pays. Il part de Tbilissi, pour rejoindre les ports de Poti et Batoumi, sur la mer Noire, en passant par Gori, cible principale des affrontements entre forces russes et géorgiennes. La semaine dernière, le conflit en Géorgie avait déjà contraint la compagnie pétrolière BP à couper l'oléoduc qu'elle gère entre Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan, et Soupsa, autre port géorgien sur la mer Noire.
19h40: Kaczynski tance Paris et Berlin
Dans une interview au quotidien Rzeczpospolita, le président polonais, Lech Kaczynski, dénonce la "relation très particulière" que la France et l'Allemagne entretiennent avec la Russie, qui les a conduit, selon lui, à une mauvaise gestion de la crise caucasienne. Selon lui, leur laxisme avec Moscou résulte de "histoire", mais aussi de leurs "intérêts" économiques. Paris et Berlin "pensent qu'elles gagneront beaucoup d'argent en Russie", insiste-t-il. La Pologne et les anciennes républiques soviétiques de Lettonie, Lituanie et Estonie, tous nouveaux membres de l'Union européenne, ont fermement condamné l'invasion russe en Géorgie, dénonçant la politique "impérialiste et révisionniste" de Moscou. Rejoints par le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, les quatre dirigeants se sont rendus à Tbilissi pour marquer leur solidarité avec la Géorgie.
19h29: Moscou pour un rôle accru de l'OSCE en Géorgie
Après un entretien téléphonique avec son homologue finlandaise Tarja Halonen, qui assure la présidence tournante de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le président russe, Dmitri Medvedev, a appelé l'Organisation à renforcer son rôle dans la région caucasienne en conflit. L'OSCE est présente en Géorgie depuis 1992, afin de superviser les tensions séparatistes qui ont suivi l'éclatement de l'Union soviétique. L'OSCE a pour sa part demandé au président russe d'autoriser le renforcement des observateurs militaires de l'OSCE, actuellement au nombre de 10 et que l'organisation européenne de sécurité souhaite porter à 100.
18h30: 69 des Français, révèle un sondage CSA à paraître dimanche dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. En revanche, 26 ne se prononcent pas. L'enquête a été réalisée par téléphone le 12 août après de 1 003 personnes âgées de 18 ans et plus.
16h59: Schröder accuse la Géorgie
Dans un interview à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel publié samedi, l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder déclare que la Géorgie a déclenché les hostilités avec la Russie et que les régions séparatistes ne peuvent plus faire partie de son territoire après les violents accrochages de la semaine écoulée. Il impute aussi des erreurs à l'Occident dans ses rapports avec la Russie et engage l'Europe à renforcer ses liens avec Moscou. Schröder avait noué des liens étroits avec Vladimir Poutine, lorsque celui-ci présidait la Russie, et il préside aujourd'hui un consortium germano-russe auquel est confiée la construction d'un gazoduc sous la mer Baltique.
16h16: Bush voit des progrès dans la crise géorgienne
Après avoir réuni le Conseil de sécurité nationale, le président George Bush a fait état de "progrès" dans la résolution de la crise entre la Russie et la Géorgie. Il a estimé que le simple fait que les deux pays aient signé le cessez-le-feu qui leur était proposé par l'Union européenne et les Etats-Unis était un "motif d'espoir". Mais il a invité la Russie a honoré son engagement de retirer ses troupes de Géorgie. Bush a par ailleurs réaffirmé que la province sécessionniste géorgienne d'Ossétie du Sud faisait partie intégrante de la Géorgie, tout comme l'Abkhazie, ajoutant qu'"il n'y a pas lieu à débat sur cette question".
15h50: Le président du CICR sur place dimanche
Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), son président Jacob Kellenberger est attendu dimanche à Tbilissi pour évaluer l'impact des combats de la semaine passée entre forces russes et géorgiennes. Kellenberger, qui doit être reçu par le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, se rendra mardi à Moscou, où il rencontrera entre autres le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Le président du CICR fera également étape à Vladikavkaz, capitale d'Ossétie du Nord, et à Tskhinvali, celle de l'Ossétie du Sud. "Lors de ses entretiens, M. Kellenberger insistera sur la capacité du CICR à venir en aide aux plus vulnérables dans tous les camps, notamment ceux qui ont été contraints à fuir leurs foyer en raison des combats ou qui sont restés", a estimé le comité.
14h54: Géorgie-Retrait: Moscou attend des garanties
Le retrait militaire des troupes russes de Géorgie est suspendu à la mise en place des "mesures de sécurité additionnelles" qui sont prévues par l'accord de paix signé par les deux pays, sous l'égide de la présidence française de l'Union européenne, a annoncé Moscou samedi. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères a précisé que Dmitri Medvedev avait "ordonné aux autorités compétentes de commencer à mettre en place les mesures de sécurité additionnelles prévues dans le plan en six points." Il a ajouté que le retrait des "forces envoyées en renfort" aurait lieu "au fur et à mesure que ces mesures de sécurité seraient mises en place". Ces "mesures de sécurité additionnelles" en Ossétie du Sud ont été ajoutées au plan de paix à la demande de la Russie et acceptées par le président géorgien Mikhaïl Saakhachvili. Le texte a été signe vendredi par ce dernier et samedi par Medvedev.
12h58 La Russie signe le cessez-le-feu
Le Kremlin a annoncé que le président Dmitri Medvedev avait signé l'accord de cessez-le-feu. "Le président a informé les participants à la réunion du Conseil national de sécurité qu'il venait de signer le plan en six points", a dit la porte-parole du Kremlin, Natalia Timakova, à Sotchi, port de la mer Noire où se trouve actuellement Medvedev. Le fax de l'accord portant la signature de Saakachvili avait été transmis dans la matinée aux Russes. Le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside actuellement l'Union européenne, avait reçu vendredi l'assurance de Medvedev qu'il signerait l'accord et respecterait "scrupuleusement ses engagements", notamment concernant le retrait des troupes russes de Géorgie.
12h35 Les Russes emportent des caisses
Selon des témoins, des soldats russes ont emporté samedi matin des caisses et du matériel de la ville géorgienne de Poti, petit port de la mer Noire. Deux hélicoptères se sont posés à l'aéroport de la ville, avec à leur bord des soldats qui ont aussitôt bouclé le secteur. Les militaires russes ont ordonné au personnel de l'aéroport de rester à son poste et ont vérifié qu'il n'y avait pas de soldats géorgiens dans les parages avant de se diriger vers le terminal. "Ils ont emporté tout ce qu'ils pouvaient dans les hélicoptères et sont repartis", a raconté le témoin, Tenguiz Khoukhia. Le même scénario s'est déroulé dans la zone portuaire. Les soldats ont pénétré dans plusieurs bâtiments et sont ressortis avec un grande caisse portée par sept ou huit hommes.
11h02 Tbilissi accusent les Russes de continuer
L'armée russe a fait sauter un pont ferroviaire dans la région de Kaspi, en Géorgie, à 45 km de la capitale, selon les autorités géorgiennes. La destruction de ce pont "paralyse tout le réseau ferroviaire géorgien", a affirmé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Chota Outiachvili. L'information n'a pu être confirmée de source indépendante.
10h21 La Russie privée des JO 2014?
Le conflit en Géorgie, à quelques kilomètres seulement du site olympique des jeux d'hiver 2014 prévus à Sotchi en Russie, pourrait conduire le Congrès américain à faire pression sur le Comité olympique international. Certains élus américains entendent demander au CIO de priver la Russie de l'organisation de cet événement.
10h08 Bush sévère contre la Russie
George Bush a voulu se montrer ferme à l'égard de la Russie. Le président américain a jugé que les actions russes en Géorgie étaient "absolument inacceptables". Il a appelé Moscou à "agir pour mettre fin à cette crise". "Le monde a vu avec inquiétude la Russie envahir un Etat voisin souverain et menacer un gouvernement démocratique élu par son peuple", a-t-il dit dans son allocution hebdomadaire. "Cet acte est absolument inacceptable pour les nations libres de la planète."
10h07 Gori toujours occupée par les Russes
Aucun mouvement de troupes significatif n'était visible samedi matin dans le secteur de Gori, ville géorgienne occupée par les forces russes à 60 km au nord-ouest de Tbilissi. "Nous resterons ici jusqu'à ce que (le président géorgien Mikhaïl) Saakachvili démissionne", affirmait un soldat russe à un barrage à l'entrée de la ville. Vendredi, les Etats-Unis et l'Allemagne ont haussé le ton face à Moscou, George Bush déclarant "absolument inacceptables" les opérations militaires russes en Géorgie, où les soldats russes se sont approchés à moins de 50 kilomètres de la capitale. Le président Saakachvili a signé vendredi l'accord de cessez-le-feu mis au point sous les auspices de la France, qui préside l'Union européenne, et censé mettre fin au conflit en Ossétie du Sud.
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