Chavez nationalise en bloc
Publié le 19 août 2008 à 12h46 par Marianne ENAULT
Le Venezuela nationalise son ciment. Dans la nuit de lundi à mardi, des cérémonies ont marqué le passage de trois cimentiers du secteur privé au secteur public. Il s'agit du Français Lafarge, du Suisse Holcim et du Mexicain Cemex. Si dans les deux premiers cas des accords d'indemnisation ont été trouvés, les négociations avec Cemex ont échoué. L'entreprise mexicaine a été expropriée.

Hugo Chavez poursuit son programme de nationalisations au Venezuela. (Reuters)
Au Venezuela, les jours passent et les nationalisations se poursuivent. Après les télécommunications et l'électricité, la sidérurgie et les banques espagnoles, Hugo Chavez s'attaque au ciment. Dans la nuit de lundi à mardi, le tribunal suprême a validé l'annonce faite par le président vénézuélien il y a deux mois, en lançant la nationalisation des filiales locales de trois cimentiers. Le Français Lafarge, le Suisse Holcim et le Mexicain Cemex sont concernés. La production de ciment "a une valeur stratégique inégalable pour le développement économique et social du pays", peut-on lire dans le jugement du tribunal justifiant cette décision. Caracas contrôle désormais 90 de la production de ciment au Venezuela, ont par ailleurs accepté de rester dans le capital en tant que partenaires minoritaires. "Jusqu'ici, nous avions un secteur du ciment, vital pour le développement de nos infrastructures et de nos logements, complètement séparé (...) Chaque entreprise allait de son côté, chaque entreprise avait ses propres intérêts commerciaux (...) Cela va changer", a expliqué le ministre de l'Energie et du Pétrole, Rafael Ramirez, au quotidien vénézuélien El Universal. Le président vénézuélien a quant à lui avancé que l'Etat avait besoin de ces entreprises "pour répondre à la demande croissante de ciment dans le secteur de la construction".
Les entreprises nationalisées, elles, n'ont eu d'autres choix que d'accepter la nationalisation pour rester présentes sur le territoire vénézuélien. Holcim et Lafarge restent en effet actionnaires minoritaires de leurs usines. "Lafarge travaille à protéger au mieux les intérêts de ses actionnaires et de ses collaborateurs sur place", a simplement commenté un porte-parole du cimentier français. Pour Lafarge, la perte du marché vénézuélien n'est pas catastrophique: les deux usines de ciment du groupe représentent 0,7 de la production de ciment au Venezuela. A ce titre, elle exigeait un accord de compensation d'un montant total de 885,3 millions d'euros. "Un montant bien au-dessus de sa valeur réelle", a estimé le Venezuela, via son vice-président, Ramon Carrizalez. Peu avant minuit, ultimatum fixé pour les négociations, le ministre de l'Energie a procédé à l'expropriation du cimentier mexicain, sur le site de Maracaibo, à la frontière avec la Colombie. Selon la chaîne de télévision Globovision, des militaires et des juges se trouvaient sur place pour procéder aux formalités. Cemex n'a pas souhaité faire de commentaire dans l'immédiat. Le vice-président vénézuélien a lui reproché au groupe mexicain de n'avoir pas fait les investissements nécessaires pour moderniser sa production. Désormais propriétaire, Caracas a promis d'investir pour augmenter le rendement de ces sites, au bénéfice des Vénézuéliens, bien sûr.
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