Crash meurtrier à Madrid
Publié le 20 août 2008 à 23h00 par Nicolas MOSCOVICI
Le bilan est terrible à Madrid où un accident d'avion s'est produit mercredi à l'aéroport de Barajas. Selon les autorités, 153 personnes ont péri dans le crash du vol de la compagnie Spanair, dont trois Français. L'avion, qui devait rallier Las Palmas, aux Canaries, est sorti de la piste alors qu'il tentait de décoller. On compte dix-neuf survivants.

L'Espagne n'avait pas connu pareille tragédie depuis 1985. (Reuters)
C'est un véritable carnage. Après plusieurs estimations qui ont circulé dans la journée, le bilan du crash à l'aéroport international de Barajas, à Madrid, se porte officiellement mercredi soir à 153 victimes. Parmi elles, figurent trois Français. Il est aux alentours de 14h45, quand, après une première tentative avortée de décollage, un avion de la compagnie espagnole Spanair (du groupe scandinave SAS), embarquant à son bord 162 passagers et dix membres d'équipage à destination de Las Palmas (Canaries), s'élance pour un nouvel essai depuis la piste 36. En vain. Incapable de s'envoler, victime de l'incendie de son moteur gauche, l'appareil de type MD-87, entièrement révisé en janvier dernier, ne peut éviter la sortie de piste, près du Terminal T-4, avant de prendre feu. Ce dernier sera circonscrit aux alentours de 17 heures. "Seule la queue était reconnaissable, il y avait des débris éparpillés partout et des corps dans une large zone. Il y avait beaucoup d'enfants (vingt, et deux bébés, ndlr)", a déclaré Herbigio Corral, qui a dirigé les opérations de secours.
Pour permettre aux secours, justement, d'intervenir dans les meilleures conditions possibles, la direction de l'aéroport international avait rapidement décrété l'état d'urgence. Cette même direction avait également confirmé à la presse que le vol JK5022 était partagé avec un autre vol de la compagnie aérienne allemande Lufthansa. Sept des passagers de cette dernière, dont quatre Allemands, avaient d'ailleurs pris place dans l'avion de la compagnie espagnole. Un responsable a précisé que des touristes néerlandais et suédois étaient aussi présents à bord. En conférence de presse, le directeur commercial de Spanair a pour sa part expliqué qu'il ne possédait pour l'instant "aucune information" permettant d'expliquer le crash. "Il est inutile de spéculer", a ajouté Sergio Allar, qui attend désormais les résultats des investigations que doivent mener les enquêteurs de l'aviation civile espagnole.
Dix-neuf survivants
Officiellement, dix-neuf survivants ont été recensés, dont huit sont grièvement blessés. Tous ont été évacués vers trois hôpitaux de la capitale espagnole (La Paz, El Gregorio Marañon et celui du 12-Octobre). Un numéro de téléphone d'urgence a rapidement été mis en place à destination des proches des voyageurs: 800 400 200, tandis que le maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardón a été l'un des premiers responsables politiques à se rendre sur les lieux du drame, afin de prendre la situation en main. Le gouvernement était lui représenté par Magdalena Alvarez, la ministre socialiste de l'Equipement. Cette dernière, qui a qualifié l'accident de "grande tragédie", a assuré que "tous les efforts seront concentrés sur l'aide aux blessés et aux familles des victimes". En Espagne, ce crash constitue la plus terrible catastrophe aérienne depuis le 19 février 1985. 148 personnes avaient alors trouvé la mort à Bilbao.
En vacances à Doñana, dans la province de Huelva, José Luis Zapatero avait indiqué dans la journée se tenir "en contact permanent" avec ses principaux ministres. Arrivé à 21h15 à Barajas, le chef du gouvernement a présenté ses condoléances aux familles des victimes, avant de répondre aux questions des médias. "Le gouvernement est profondément attristé, comme le sont tous les Espagnols", a-t-il notamment déclaré. La famille royale s'est dite "consternée" par le drame. Quant à la communauté autonome de Madrid a elle décrété, à partir de jeudi, trois jours de deuil. Une chapelle ardente doit être installée au palais des congrès de la ville.
De France, François Fillon a fait part à son homologue espagnol, au nom du gouvernement, de ses "condoléances attristées". "Je vous remercie de bien vouloir faire part aux familles des victimes, ainsi qu'aux blessés, de ma sympathie dans cette tragique épreuve", a ajouté le Premier ministre. Dans une lettre adressée à son homologue espagnol, Miguel Angel Moratinos, Bernard Kouchner a exprimé sa "vive émotion et (son) immense tristesse". Dans ces circonstances particulièrement tragiques, je tiens à vous exprimer ma profonde sympathie et vous faire part de la solidarité du peuple français.", a poursuivi le ministre des Affaires étrangères. A Pékin, la délégation olympique espagnole a elle fait savoir que le drapeau national serait mis en berne. Mercredi soir, l'équipe nationale de football portait un brassard noir lors de son match amical contre le Danemark.
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