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Fillon et la «flamme européenne»

Publié le 18 juin 2008 à 18h02 par

A un peu moins de deux semaines du début de la présidence française de l'Union européenne, François Fillon s'est exprimé mardi sur le sujet à l'Assemblée nationale. Dans un contexte de crise après le "non" irlandais au traité de Lisbonne, le Premier ministre a dit vouloir "ranimer la flamme" européenne. L'opposition l'a appelé de son côté à entendre "la voix des peuples".

François Fillon a lancé un plaidoyer pour <i>'ranimer la flamme'</i> de l'Europe. - Reuters
François Fillon a lancé un plaidoyer pour 'ranimer la flamme' de l'Europe. (Reuters)


La France prendra le 1er juillet prochain la présidence de l'Union européenne, et ses dirigeants s'y préparent activement. Mardi, François Fillon a présenté devant l'Assemblée nationale les enjeux de ce mandat long de six mois. Avec pour leitmotiv, dans un contexte très difficile, de relancer l'Europe: "Après le "non" d'une majorité de Français et de Néerlandais (en 2005, ndlr), le "non" d'une majorité d'Irlandais nous somme de ranimer la flamme dangereusement vacillante de l'Europe", a lancé le Premier ministre.

"Il faut avoir le courage de l'avouer: si l'Europe est mal comprise c'est aussi parce que l'Union n'a pas su trouver les mots et les actes pour susciter une adhésion plus puissante que la somme des contestations", a poursuivi le chef du gouvernement. "L'Europe a besoin de retrouver un dessein politique. Elle a besoin d'être portée par une âme commune. Au-delà des questions institutionnelles, l'Europe doit tout à la fois nous protéger, nous séduire et nous grandir." François Fillon a aussi affirmé que le processus de ratification du Traité de Lisbonne se poursuivrait. "Le moment venu, il nous faudra voir comment obtenir l'indispensable ratification de tous. Cela pourra prendre du temps", a-t-il concédé, avant de s'en prendre à ceux qui s'étaient réjouis du "non" irlandais, communistes en tête. Le Premier ministre a en effet assuré n'avoir "aucune leçon à recevoir de ceux qui dénoncent l'Europe pour masquer leur inconsistance politique".



Une pique qui n'a pas empêché l'opposition de faire entendre sa voix lors du débat consécutif à la déclaration du chef du gouvernement. "Ce ne sont pas des coups d'éclat que nous attendons, mais la réalisation de politiques qui répondent à nos préoccupations quotidiennes et qui préparent l'avenir", a d'abord asséné le socialiste Jérôme Lambert. Le communiste Jean-Paul Lecoq a de son côté préféré remuer le couteau du "non" dans la plaie du Traité de Lisbonne: "Nous demandons que (La France) engage les consultations pour l'ouverture de discussions pour un nouveau traité, a déclaré le député de Seine-Maritime. (...) Combien d'échecs à des référendums faudra-t-il encore pour que vous entendiez les voix des peuples?" Pour appuyer son propos, certains de ses camarades ont brandi des pancartes sur les quelles ont pouvait lire: "Respectez le non".

"Respectez le oui, a répliqué François Sauvadet, président du groupe du Nouveau centre (NC). L'Europe va mal. Face à ce mal, il ne faut pas céder aux tentations de repli national. Il faut au contraire continuer en France sur le chemin des réformes, sortir des égoïsmes, définir ensemble des objectifs communs avec nos partenaires et trouver des convergences." C'est ensuite Jean-François Copé qui a défendu son ami François Fillon à la tribune. Pour le président du groupe UMP à l'Assemblée, la présidence française "ne sera pas une présidence ordinaire" mais "un rendez-vous historique". Et le maire de Meaux d'avancer comme argument la tenue le 13 juillet du sommet de l'Union pour la Méditerranée (UPM). Un projet qui concerne tant l'Italie et l'Espagne que les pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Et qui n'a donc pas grand-chose à voir avec l'Europe.


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