France-Tibet:Pékin hausse le ton
Publié le 26 mars 2008 à 13h04 par
Alors que Rama Yade se dit prête à accueillir le dalaï-lama, que Bernard Kouchner suggère à Nicolas Sarkozy de le recevoir lorsqu'il viendra en France, la Chine a réagi avec vigueur ce mercredi. Un porte-parole chinois a dit que son pays était "opposé fermement à toute forme de contact officiel du dalaï-lama avec n'importe quel pays". Nicolas Sarkozy décidera "le moment venu".

La Chine et son Premier ministre chinois restent ferme sur la question tibétaine. (Reuters)
Les déclarations de Rama Yade sur la situation au Tibet ne sont pas passées inaperçues en Chine. La semaine dernière, la secrétaire d'Etat au droit de l'Homme est sortie de sa réserve pour évoquer, la première parmi les responsables politiques, un boycott de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin, dans des termes peu diplomatiques. "S'il y a bain de sang au Tibet, je ne vois pas ce que je vais faire dans un gradin à observer une manifestation sportive et je crois que tout le monde aurait cette réaction de bon sens", avait-elle confié". Quelques jours plus tard, la jeune femme s'était dit prête à recevoir le dalaï lama lors de sa visite en France. Interrogé sur ces propos, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a rétorqué de manière abrupte: "Le gouvernement chinois s'oppose fermement à toute forme de contact officiel du dalaï-lama avec n'importe quel pays".
La réponse de Nicolas Sarkozy a fusé à la mi-journée. Le chef de l'Etat décidera "le moment venu" et "en fonction de l'évolution de la situation" au Tibet de rencontrer ou non le dalaï-lama, a fait savoir Luc Chatel. Le chef spirituel du bouddhisme tibétain viendra en France du 15 au 20 août, pendant les jeux Olympiques à Pékin, pour donner une conférence à Nantes.
"La France considère qu'elle a une carte importante à jouer"
De la même manière, Nicolas Sarkozy se réserve le droit de boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. "Toutes les options sont ouvertes", a-t-il menacé mardi, lors d'une visite à Tarbes, haussant le ton après avoir mis du temps à réagir publiquement sur la répression chinoise au Tibet. Le chef de l'Etat, qui a envoyé un message à son homologue chinois Hu Jintao, plaide pour une reprise du dialogue entre Chinois et Tibétains et indiqué qu'il se prononcerait en fonction de l'attitude de Pékin. "La France est dans une volonté de jouer un rôle fort de reprise du dialogue entre la Chine et le Tibet. La France considère qu'elle a une carte importante à jouer", notamment en tant que future présidente de l'Union européenne, a souligné le porte-parole du gouvernement.
Bernard Kouchner, quant à lui, plaide pour une réponse collective. Dans un entretien au Parisien, le ministre des Affaires étrangères annonce avoir proposé la tenue d'un débat sur le Tibet lors de la rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de l'UE, prévue cette fin de semaine. "Pour la cérémonie d'ouverture, nous verrons en fonction de l'évolution de la situation. Ce serait formidable si nous pouvions dégager une position commune". Toutefois, la France, comme d'autres pays doit trouver la juste mesure afin de ne pas froisser un partenaire commercial aussi puissant que la Chine. Ce que Bernard Kouchner résume en un mot, "la realpolitik". "Oui, il faut peser les enjeux. C'est ça la realpolitik, c'est ça qui est difficile, la différence entre signer une pétition ou être responsable de la politique étrangère sous les ordres du président de la République.
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