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Géorgie: Des roses et des épines

Publié le 07 novembre 2007 à 15h23 par

La situation se crispe en Géorgie. Pour la première fois depuis le début des manifestations – il y a six jours – la police a dispersé dans la violence un rassemblement de l'opposition. Les 3000 protestataires qui demandaient la démission du président Saakachvili ont été accueillis à coups de matraques, canon à eau et de grenades lacrymogènes. L'opposition ne désarme pas.

La police anti-émeute a dispersé les manifestations anti-Saakachvili. - Reuters
La police anti-émeute a dispersé les manifestations anti-Saakachvili. (Reuters)
La situation se crispe en Géorgie. Pour la première fois depuis le début des manifestations – il y a six jours – la police a dispersé dans la violence un rassemblement de l'opposition. Les 3000 protestataires qui demandaient la démission du président Saakachvili ont été accueillis à coups de matraques, canon à eau et de grenades lacrymogènes. L'opposition ne désarme pas.

C'est la première fois depuis 2003 et la "révolution des roses" qui a porté Mikhaïl Saakachvili à la présidence que de telles scènes se produisent. Près d'un millier de policiers, armés de matraques et de grenades lacrymogènes ont donc délogé, d'abord, la centaine de grévistes qui campent devant l'Assemblée, puis ont dispersé les 3000 sympathisants appelés à la rescousse par l'opposition.

Des manifestants ont alors fui dans les rues de Tbilissi, d'autres, le visage parfois en sang, ont été embarqués par les forces de l'ordre tandis que des sirènes d'ambulances retentissaient dans la capitale géorgienne. Le ministre de la Santé, David Tkechelachvili a déclaré que 250 personnes avaient été admises dans les hôpitaux. "Plus de 50 sont déjà sorties. Nous avons très peu de traumatismes. Ce sont pour la plupart des gens incommodées par les gaz lacrymogènes".

Une action condamnée par l'opposition et la rue. "Seul un pouvoir fasciste est capable de ça", a lâché une manifestante de 56 ans, Nana Abuladze. "Honte à toi, Mikhaïl Saakachvili. Tu as peur de ton propre peuple, tu es un lâche", a crié dans un micro Zviad Dzidziguri, un des leaders de l'opposition. "Les autorités ont utilisé des armes contre des manifestants pacifiques. Elles auront ce qu'elles méritent", renchérit Kakha Kukava, une autre personnalité de l'opposition.

Saakachvili reste droit dans ses bottes

Le Premier ministre Zurab Nogaideli a tenté de mettre fin à la polémique en répondant un peu maladroitement à ces critiques: "Le gouvernement a simplement employé l'équipement utilisé en Occident par les alliés de la Géorgie. Le gouvernement a acheté des canons à eau et du gaz lacrymogène fabriqués en Occident".

Si l'ampleur des rassemblements semble moins importante depuis le pic de vendredi, où 70 000 personnes s'étaient réunies pour demander la tenue d'élections législatives anticipées et la démission du président Saakachvili, la mobilisation reste quotidienne. L'opposition exhorte ses partisans à tenir bon et depuis lundi, des manifestations fleurissent dans d'autres villes du pays, preuve que le mouvement s'étend.

En face, le président issu de "la révolution des roses" ne cède pas un pouce de terrain. Il n'est pas apparu en public depuis le début de la contestation populaire mais s'est exprimé par le biais d'une allocution télévisée, dans laquelle il refusait d'accéder aux "chantage" de la rue. Il a même avancé l'hypothèse d'une contestation "montée" par Moscou, le vieil ennemi de la république du Caucase. La Géorgie a d'ailleurs rappelé à cet effet mercredi son ambassadeur en Russie. En attendant, le conflit s'enlise.


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