Ajax-loader-form

Géorgie: Manoeuvres diplomatiques

Publié le 20 août 2008 à 21h52 par Maud PIERRON

La situation s'enlise en Géorgie. Sur le terrain, il n'y a toujours pas de réel retrait des troupes russes et sur le plan diplomatique, l'ambiance reste tendue. Aucune résolution n'a été votée sur le sujet à l'ONU mercredi et dans le même temps, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, les territoires séparatistes géorgiens, ont demandé à Moscou de reconnaître leur indépendance.

Si ce char russe quitte la Géorgie, le retrait est loin d'être effectif. - Reuters
Si ce char russe quitte la Géorgie, le retrait est loin d'être effectif. (Reuters)


Si c'est le statu quo sur le terrain, les mouvement diplomatiques se multiplient. A l'ONU, à l'Otan, mais aussi entre capitales. Mercredi, les territoires pro-russes de Géorgie ont "profité" de la grave crise actuelle pour entamer des procédures qui doivent les mener à l'indépendance. Et ils réclament à Moscou son approbation. C'est le parlement abkhaze, via une résolution votée à l'unanimité mercredi, qui a ouvert le feu mercredi. Le texte demande à la Russie la "reconnaissance de l'indépendance" de l'Abkhazie et le "maintien de la présence militaire" russe. Dans la foulée, Edouard Kokoïty, le président de l'Ossétie du Sud, a annoncé qu'il présenterait une demande similaire à Moscou. Les Ossètes du sud sont même appelés à manifester dans le centre de Tskhinvali jeudi pour dire "oui à l'indépendance". Une pression populaire à destination des politiques russes?

Dans tous les cas, une session extraordinaire du parlement russe doit s'ouvrir le 25 août pour débattre d'une éventuelle reconnaissance de ces deux régions. Mais l'issue des débats semble courue d'avance puisque Dmitri Medvedev a déjà annoncé qu'il reconnaîtrait et "garantirait" sur la scène internationale "toute décision" des Abkhazes et Ossètes sur le statut de leur territoire. Ce scénario cauchemar pour Washington est d'ores et déjà rejeté par George Bush qui tient à "l'intégrité territoriale de la Géorgie" et qui a redit mercredi que ces deux provinces "font partie de la Géorgie".

"Nous ne pouvons accepter ce genre de cécité, ce refus du droit international"

Si la Russie venait à reconnaître ces deux provinces, nul doute que cette décision compliquerait diablement la tâche des diplomates, qui peinent à s'entendre sur une résolution à l'ONU. Un premier texte a été présenté mardi au Conseil de sécurité. Il a échoué, du fait de l'opposition de la Russie, qui dispose d'un droit de veto. Le texte faisait justement référence au respect de "l'intégrité territoriale de la Géorgie", un concept qui, selon la Russie, n'est plus d'actualité puisque les deux provinces sécessionnistes refusent le joug géorgien. Moscou a donc fait circuler mercredi au Conseil de sécurité son propre projet de résolution, approuvant l'accord de paix en six points accepté par les belligérants. Le représentant permanent russe aux Nations unies Vitali Tchourkine Tchourkine a dit espérer une "réaction positive" de la part des 14 autres membres du Conseil de sécurité. Toutefois, personne n'est disposé à faire de cadeaux à la Russsie tant que son retrait de Géorgie ne sera pas effectif.

En effet, même si Medvedev a prévenu que le retrait serait total vendredi au plus tard, les mouvements de troupes sont trop lents au goût des observateurs occidentaux. Une quarantaine de camions militaires russes ont quitté mercredi l'Ossétie du Sud pour la Russie, mais ni blindés, ni pièces d'artillerie, n'ont repassé la frontière, selon les témoins. La Maison blanche, par la voix de son porte-parole Gordon Johndroe, a estimé que ces "premiers signes" d'un départ des Russes n'étaient "pas significatifs et devaient s'accroître". La France s'est également agacée des mauvaises dispositions russes. Bernard Kouchner, cité par le Herald Tribune, juge très sévèrement le Kremlin. "A trois reprises, Medvedev a dit qu'ils entamaient le retrait, et ils ne l'ont pas fait. Nous ne pouvons accepter ce genre de cécité, ce refus du droit international", a-t-il tonné. Jeudi matin, des unités militaires russes ont commencé à se retirer de la ville géorgienne de Gori, localité stratégique située dans le centre de la Géorgie, selon le ministère de la Défense.

Loin de faiblir face aux critiques, Moscou rend la pareille. L'Otan a décidé mardi de geler ses contacts avec la Russie? La Russie décide donc à son tour de suspendre toute coopération avec l'Alliance atlantique, annonce la Norvège mercredi. Et sur le dossier du bouclier antimissile américain en Pologne, intimement lié au conflit russo-géorgien, la Russie menace. "Dans cette affaire, la Russie va devoir réagir et pas seulement par des protestations diplomatiques", dit un communiqué diffusé par le ministère russe des Affaires étrangères sur son site internet.

Copyright 2008 © leJDD.fr


Il n'y a pas de commentaires pour le moment.

Écrire un commentaire

Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.