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Géorgie: Poti, pomme de discorde

Publié le 23 août 2008 à 20h41 par Vivien VERGNAUD (avec Reuters)

Les Russes ont bien retiré leurs troupes de Géorgie et assurent avoir ainsi respecté le plan de cessez-le-feu négocié avec la France. Mais Moscou entend toujours rester autour de Poti, sur la mer Noire, un poste stratégique. Une situation qui déplait aux Occidentaux qui craignent une annexion de fait. Nicolas Sarkozy a rappelé samedi à Dmitri Medvedev l'importance d'un départ du port géorgien.

A Poti, un millier de Géorgiens a manifesté contre la présence des militaires russes dans la ville. - Reuters
A Poti, un millier de Géorgiens a manifesté contre la présence des militaires russes dans la ville. (Reuters)


La Russie ne semble pas disposée à transiger. L'armée a bien retiré vendredi une grande partie de ses troupes stationnées en Géorgie. Mais les Russes ont mis en place une zone tampon autour de l'Abkhazie et samedi, ils contrôlaient toujours l'axe reliant Poti, un port sur la mer Noire, à Senaki, aux portes de la province séparatiste de l'Ouest. La Russie souhaite avoir la main sur des zones qui ceinturent l'Abakhazie. Cependant Poti se situe en dehors de cette zone. Pour la Russie, il n'y a rien de choquant à rester dans cette partie de la Géorgie. "Nous suivons les instructions formulées par les responsables politiques (occidentaux) et sommes une fois encore obligés de rappeler la position russe: toutes les actions des forces de maintien de la paix respectent les six principes signés par les présidents russe et français", a expliqué samedi Anatoli Nogovitsine, numéro deux de l'état major russe.

Les Occidentaux désapprouvent

Le général a confirmé que les Russes resterait à Poti et que cette question "figur(ait) dans l'accord conclu par la Russie et la France". "Devrions-nous rester derrière la clôture? A quoi servirions-nous? Ils (les Géorgiens) vont venir avec leurs Hummers, déplacer des munitions en camions, et nous sommes juste supposés les compter?", a-t-il ajouté. Forcément la lecture russe du plan de cessez-le-feu déplait aux Occidentaux. Ces derniers sont attentifs à la situation et voient d'un mauvais oeil l'occupation russe sur le port de la mer Noire. L'Allemagne, notamment, a fait preuve de fermeté : "Le gouvernement attend de la Russie qu'elle achève immédiatement le retrait, conformément au plan en six points signé par le président Dmitri Medvedev, et qu'elle les ramène sur les positions d'avant l'éclatement des hostilités, comme nous en sommes convenus", a avancé Thomas Steg, porte-parole de l'exécutif, dans un communiqué.

L'état de guerre prolongé

Berlin est au diapason de Washington, qui a estimé samedi que les forces russes ne "se sont pas complètement retirés de certaines zones de conflit et ils doivent le faire". Les Etats-Unis ont accru la pression diplomatique pour faire plier Moscou. Le secrétaire américain au Commerce (OMC), Carlos Gutierrez, a affirmée dans une interview accordé au quotidien allemand Der Spiegel, que la candidature russe à l'Organisation mondiale du commerce est sérieusement compromise. Nicolas Sarkozy a quant à lui décroché son téléphone samedi soir pour obtenir des explications de la part de Dmitri Medvedev et défendre son plan de cessez-le-feu. Le président français et son homologue russe "sont convenus de l'importance de mettre en oeuvre pleinement les six points de l'accord", a expliqué l'Elysée dans un communiqué. Surtout le chef de l'Etat "a insisté sur l'importance du retrait rapide des militaires russes sur l'axe Poti-Senaki", poursuivent les services du président. En outre, les deux hommes se sont accordés sur la mise en place, voulue par l'occident, d'"un mécanisme international sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)" pour remplacer les patrouilles russes dans la zone de sécurité au sud de l'Ossétie géorgienne.

Du côté des Géorgiens, l'attitude de la Russie ne passe toujours pas. L'Etat a dénoncé la mainmise russe sur Poti et a rappelé que l'occupation de la ville n'était mentionnée dans aucun texte. Un millier de géorgiens se sont rassemblés samedi devant un poste de contrôle de Poti afin de manifester contre la présence russe. "Tant que nous serons en vie, nous ne les autoriseront pas à rester ici", a assuré Roland Silagava, un manifestant âgé de 60 ans. Le parlement géorgien partage cette opinion et a donc voté la prolongation de "l'état de guerre" jusqu'au 8 septembre, maintenant ainsi les forces armées en alerte renforcée et les réservistes mobilisés. La pression est loin d'être retombée.

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