Grève dans le pétrole britannique
Publié le 27 avril 2008 à 20h12 par
Crise sociale dans le secteur pétrolier britannique. Les employés de la raffinerie de Grangemouth, en Ecosse, ont débuté dimanche matin une grève de 48 heures. Conséquence: un oléoduc qui achemine la moitié de la production de pétrole du pays a été fermé. Si le gouvernement ne craint pas de pénurie dans l'immédiat, des réserves ont été faites et la panique atteint les pompes.

Prises d'assaut, les pompes écossaises affichent déjà une pénurie. (Reuters)
Depuis dimanche matin, la raffinerie de Grangemouth, en Ecosse, est fermée, après que ses salariés ont débuté une grève de 48 heures. C'est la première fois, en 70 ans, qu'un mouvement social conduit à la fermeture d'un site pétrolier. Mais celle-ci a des conséquences plus larges, puisque la raffinerie, qui produit environ 10% du carburant du pays, permet également à l'un des principaux oléoducs de Grande-Bretagne de fonctionner. La firme BP, opérateur de cet oléoduc qui achemine près de la moitié de la production pétrolière britannique depuis la mer du Nord, a dû se résoudre à cesser l'activité de son pipeline. Conséquence: des craintes de pénurie, une affluence inhabituelle dans les stations-service, et une crise éminemment politique.
Les quelque 1200 employés de Grangemouth ont lancé leur mouvement parce que les discussions avec la direction sur les retraites n'ont pas abouti. Selon le directeur de la compagnie propriétaire de l'usine, la contribution aux retraites est "insupportable" pour Ineos, et le site aurait besoin d'un investissement de 750 millions de livres (950 millions d'euros) sous peine de ne plus être compétitif. "Nous avons été acculés dans notre coin en raison de la position de la compagnie. [Cette grève] ne nous procure aucun plaisir, et cela se voit dans l'attitude des travailleurs", a réagi Pat Rafferty, délégué du syndicat Unite cité par la BBC. Une semaine suffirait à relancer la raffinerie et revenir à des niveaux de production normaux.
Le député interpelle le patron
Mais les autorités restent sur le qui-vive. Si le Premier ministre écossais, Alex Salmond, assure qu'il n'y a pas de risque de pénurie, 65 000 tonnes de réserves, qui permettraient de faire face à une crise pendant une dizaine de jours, arriveront dans les jours qui viennent. L'oléoduc Forties est en effet un rouage essentiel, puisqu'il achemine environ 700 000 barils sur 1,5 million produits chaque jour par le secteur pétrolier britannique. Le chef des autorités écossaises a également appelé la population à faire preuve de responsabilité, en privilégiant les transports en commun, et en évitant de se ruer aux pompes. Mais déjà , en raison de l'affluence exceptionnelle, certaines stations-service de la région commencent à manquer de carburant.
Alex Salmond a également appelé syndicats et direction à reprendre les discussions, afin de trouver un "arrangement honorable", et d'éviter que la situation ne s'enlise. Selon l'organisation des industries du pétrole et du gaz, la grève devrait coûter 50 millions de livres par jour (63 millions d'euros) à la Grande-Bretagne. Les autorités doivent être d'autant plus mesurées que Michael Connarty, député de Linlithgow and East Falkirk, où se situe la raffinerie de Grangemouth, a pris clairement parti pour les grévistes. Selon ce travailliste, le milliardaire propriétaire de la raffinerie, Jim Ratcliffe a "provoqué cette pagaille. Il tire les ficelles, il mène la barque, il se cache quelque part, il ne va pas se montrer et discuter. C'est une usine très rentable. Nous estimons qu'elle a gagné un milliard de livres en dix ans. Pourquoi attaque-t-il les travailleurs?"
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