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Iran: L'ultime voie diplomatique

Publié le 02 novembre 2007 à 8h15 par

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne se réunissent ce vendredi, pour discuter d'un nouveau train de sanctions contre l'Iran, toujours soupçonné par certains de chercher à se doter de l'arme nucléaire. Jeudi, les Etats-Unis ont accentué la pression en lançant un ultimatum de 15 jours. Le président iranien dit ne pas craindre les sanctions.

Le secrétaire américain Nicholas Burns donne 15 jours à la diplomatie. - Reuters
Le secrétaire américain Nicholas Burns donne 15 jours à la diplomatie. (Reuters)
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne se réunissent ce vendredi, pour discuter d'un nouveau train de sanctions contre l'Iran, toujours soupçonné par certains de chercher à se doter de l'arme nucléaire. Jeudi, les Etats-Unis ont accentué la pression en lançant un ultimatum de 15 jours. Le président iranien dit ne pas craindre les sanctions.

Nicholas Burns a donné quinze jours à l'Iran. Quinze jours au-delà desquels de nouvelles sanctions seront appliquées si la République islamique n'a pas renoncé à ses activités nucléaires, que Washington soupçonne d'être militaires. A la veille d'une réunion entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Chine, Russie) et l'Allemagne, le secrétaire américain chargé des Affaires politiques a mis la pression à la fois sur Téhéran et sur les partenaires de la négociation. Depuis plusieurs semaines, le ton est nettement monté Outre-Atlantique, où le président George Bush a évoqué le spectre d'une Troisième guerre mondiale.

Dans l'immédiat, la solution diplomatique reste privilégiée. A Washington, les critiques s'abattent sur la Chine et la Russie, accusées de bloquer l'adoption de nouvelles sanctions. Lors de ses rencontres avec ses homologues français et américain, le mois dernier, mais aussi lors de son voyage à Téhéran, le président russe Vladimir Poutine avait réaffirmé qu'il accordait à l'Iran le bénéfice du doute. La Russie, constructeur de la centrale iranienne de Bushehr, est très impliquée dans le dossier, et veut ménager son partenaire. "Les parties ont réaffirmé que (la construction de la centrale) se poursuivrait dans le respect le plus strict de leurs engagements envers le Traité de non prolifération des armes nucléaires", disait une déclaration commune aux chefs d'Etat russe et iranien, Vladimir Poutine et Mahmoud Ahmadinejad, à l'issue de leur rencontre.

"Un bourbier avec la défaite au bout"

Pour Nicholas Burns, Pékin et Moscou sont très clairement les empêcheurs de sanctionner en rond. Jeudi, il a expliqué que l'Iran bénéficiait d'un délai de grâce depuis l'adoption du deuxième train de sanctions, en mars. "De fait, la Russie et la Chine bloquent une troisième résolution depuis lors", a-t-il dit avant de rencontrer le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, qui a invité les Américains à tempérer leurs ardeurs, la menace n'étant pas imminente selon lui. Les puissances occidentales étaient convenues de reporter l'adoption d'éventuelles mesures après que l'Iran eut achevé ses pourparlers avec l'AIEA. La fin des discussions est justement intervenue ce jeudi, et le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, dit toujours ne pas craindre les sanctions. "L'arme des sanctions ne fonctionne pas. Nous ne sommes nullement inquiets", a-t-il affirmé, soulignant que "les compagnies américaines ne font pas affaire avec l'Iran". Les Etats-Unis "infligent à vrai dire les sanctions aux pauvres européens", a-t-il ajouté.

De fait, 40% des importations iraniennes viennent de l'Union européenne, et les Européens disposent de plusieurs entreprises et exploitations pétrolières en Iran. Aussi Washington, qui sait avoir le soutien de Paris et Londres, réclame davantage d'implication de la part de l'UE. "Nous aimerions beaucoup que l'UE applique (ses propres) sanctions", a fait valoir Burns jeudi, alors qu'Ahmadinejad menaçait l'Europe. "S'ils (les Européens) comptent coopérer avec l'ennemi de la nation iranienne, nous ne pourrons pas interpréter cela comme un comportement amical. Nous réagirons", a-t-il dit selon la radio publique. De part et d'autre, la diplomatie n'est donc faite que de menaces et avertissements. Mais si les Occidentaux veulent éviter ce que Bernard Kouchner avait envisagé comme "le pire", à savoir la guerre, ils devront accorder leurs violons vendredi. D'autant que l'Iran, toujours hardi quand il s'agit de rhétorique, n'hésite pas à prévenir, par la voix du chef des Gardiens de la Révolution: "S'ils sont suffisamment naïfs pour envahir l'Iran", les Américains seront "coincés dans un bourbier, avec la défaite au bout".


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