Ajax-loader-form

Iran: La diplomatie s'active

Publié le 16 juillet 2008 à 13h50 par

Alors que la tension s'accroît entre l'Iran et les puissances occidentales, une énième tentative de pourparlers sur le dossier du nucléaire est sur le point de s'ouvrir à Genève, entre le Groupe des Six et Saïd Jalili, le négociateur iranien. La présence du numéro trois de l'administration américaine marque un tournant dans la diplomatie de la Maison blanche face à Téhéran.

Saïd Jalili, le négociateur iranien sur le dossier du nucléaire. - Reuters
Saïd Jalili, le négociateur iranien sur le dossier du nucléaire. (Reuters)


Virage diplomatique ou assouplissement tactique? Un haut responsable de l'administration américaine a annoncé mardi que les Etats-Unis allaient envoyer un émissaire ce week-end à Genève, pour participer aux discussions organisées par l'Union européenne (UE) entre l'Iran et le Groupe des Six (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne), sur le programme nucléaire iranien. Or, la présence en Suisse du sous-secrétaire d'Etat pour les Affaires politiques, William Burns, marque un tournant dans la diplomatie américaine vis-à-vis de l'Iran. "Sa présence est un événement unique", a assuré le haut responsable.

En effet, les relations directes entre Téhéran et Washington sont rompues depuis 1979, date de la crise des otages à l'ambassade des Etats-Unis dans la capitale iranienne. Et la Maison blanche expliquait jusque-là qu'elle ne s'impliquerait dans aucune "pré-négociation" tant que l'Iran n'aurait pas renoncé à l'enrichissement de l'uranium. Mais pour Mohammed Ali Jafari, commandant en chef des Gardiens de la Révolution, les Etats-Unis et Israël auraient pris conscience de leur "faiblesse" face à l'Iran.

Pas de négociations

Mais il n'est pas question de négociations, seulement de rapporter la réponse iranienne à la proposition de la Maison blanche. Selon le haut responsable, la présence américaine ne signifie pas un rétablissement des relations diplomatiques avec la République islamique. "Bill Burns réaffirmera que nos termes pour une négociation restent inchangés", a-t-il déclaré, avant d'ajouter qu'"il s'agira d'une participation unique visant à démontrer l'unité des Six et le message sera très clair". A la mi-juin, les puissances occidentales avaient proposé à Téhéran une aide pour développer un programme nucléaire civil et la reprise des contacts directs, en échange de l'arrêt de son programme nucléaire. La réponse du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, à ce "paquet" de propositions n'a pas été rendue publique, mais elle a déjà été qualifiée de "difficile et compliquée" par Javier Solana, chef de la diplomatie de l'UE. La France, de son côté, ajoute que l'Iran ne fait "pas mention de la suspension des activités sensibles".

En attendant, l'Iran réitère ses provocations en se déclarant capable de dissuader tout ennemi de l'attaquer, au lendemain de l'annonce par l'armée de la tenue prochaine de nouvelles séries d'exercices militaires. Israël et les Etats-Unis envisagent toujours de lancer une opération militaire en cas d'échec des discussions sur le dossier nucléaire. La tension est montée la semaine dernière, l'Iran ayant procédé à des essais de tirs de missiles dans le Golfe, dont la portée pourrait atteindre l'Etat hébreu.

Copyright 2008 © leJDD.fr


Il n'y a pas de commentaires pour le moment.

Écrire un commentaire

Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.