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Irlande: Sarkozy s'auto-tempère

Publié le 19 juillet 2008 à 13h35 par

Nicolas Sarkozy, surnommé le "french gaffeur" après avoir déclaré que les Irlandais devaient revoter le Traité de Lisbonne, se rend à Dublin lundi. Avant cette visite sous tensions, le président de l'UE a livré, dans une interview publiée par l'Irish Times, une vision plus mesurée du problème: s'il veut convaincre de la nécessité du mini-traité, il est prêt à comprendre le refus irlandais.

Prise de tête pour Nicolas Sarkozy, qui doit concilier des Irlandais échaudés aux autres membres de l'UE. - Reuters
Prise de tête pour Nicolas Sarkozy, qui doit concilier des Irlandais échaudés aux autres membres de l'UE. (Reuters)


A deux jours de sa visite en Irlande, Nicolas Sarkozytente de déminer le terrain. Après des propos polémiques qu'il a tenu mardi dernier devant les parlementaires UMP, les Irlandais se sont inquiétés des affirmations présomptueuses du nouveau président de l'Union européenne: "Les Irlandais doivent revoter le traité de Lisbonne.", avait alors affirmé le chef d'état français. Dans une interview accordée à l'Irish Times, l'un des deux grands quotidiens de l'Eire, Nicolas Sarkozy tempère son discours et confie vouloir "comprendre les raisons du rejet irlandais du traité de Lisbonne", sans imposer des solutions au gouvernement. Surnommé le "french gaffeur", Nicolas Sarkozy revient sur ses propos: "J'ai été un des premiers à dire publiquement que l'on devait respecter la décision des électeurs irlandais", se défend-t-il.

L'Union avant tout

"Le plus important, c'est d'apporter de véritables réponses aux inquiétudes des Irlandais", souligne le président français, qui confie devoir trouver "une solution qui réconcilie d'ici décembre l'ensemble de la famille européenne". Traduction: l'Irlande doit rapidement proposer une issue à cette impasse si elle ne veut pas se mettre à dos toute l'Union. Nicolas Sarkozy refuse de donne une grande marge de manoeuvre à Dublin. Pour lui, il est hors de question de modifier le mini-traité: dans l'interview faite à l'Irish Times, il écarte l'idée d'une nouvelle Conférence intergouvernementale qui renégocierait le texte et explique que "le choix est entre le traité de Nice et Lisbonne". Et de conclure avec détermination: "Cela fait maintenant plus de dix ans que nous débattons des questions institutionnelles. Il est temps d'en finir." Le président français garde en tête l'échéance électorale de juin 2009, où les Européens devront élire leurs représentants au Parlement.

Réconcilier les Irlandais

Si Nicolas Sarkozy paraît abrupt, il refuse d'exclure, pour le moment, les Irlandais d'un quelque conque processus européen: "Quant à l'Europe à plusieurs vitesse, je ne la souhaite pas; elle ne pourrait être envisagée qu'en dernière hypothèse. L'Europe a besoin de Dublin et vice-et versa", a-t-il répété. Pour lui, le "non" irlandais traduit avant tout les doutes des électeurs sur le fonctionnement de l'Union à 27. D'après les sondages, les Irlandais restent en effet sceptiques aux élargissements successifs. Le débat sur la Turquie reste également un sujet sensible dans le pays.

Autre préoccupation des Irlandais: le maintien ou non d'un commissaire européen par Etat. Le traité de Lisbonne précise qu'on ne peut créer 27 postes pour permettre à chaque nationalité d'être présente à la tête des commissions. Si le Traité de Lisbonne passe, Dublin risque de perdre son commissaire permanant dès 2014. Un coup dur pour un pays qui peine à imposer à Bruxelles face aux géants européens (Allemagne, Royaume-Uni, Allemagne, Pologne, et dans une moindre mesure Italie et Espagne). Dans l'Irish Times, Nicolas Sarkozy réussit à retourner la peur des Irlandais: selon lui –mais il reste contesté–, les Irlandais "ont pris le risque de perdre leur commissaire dès 2009 au lieu de 2014, si l'on reste dans le cadre du traité de Nice". Une déclaration qui risque de ne pas calmer les politiques irlandais. Echaudée par les propos que le président français a tenu mardi dernier, l'opposition travailliste, qui avait appelé à voter "oui" au référendum, a refusé de le rencontrer. "L'idée selon laquelle le président français nous écoutera chacun d'entre en trois minutes, est un peu arrogante", a dénoncé le leader travailliste Eamon Gilmore. A Dublin, Nicolas Sarkozy marchera sur des charbons ardents.

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