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Israël revoit sa stratégie

Publié le 21 mai 2008 à 14h02 par

Intense activité diplomatique au Proche-Orient. Alors que la trêve avec le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, est en suspens, l'Etat hébreu tente de sécuriser sa frontière avec le Liban. Et pour cela, quoi de mieux qu'un accord avec la Syrie, dont on connaît l'influence au pays du Cèdre. Première étape, Ehoud Olmert a confirmé mercredi des pourparlers indirects avec Damas.

Affaibli, le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, tente de relancer la diplomatie au Proche-Orient. - Reuters
Affaibli, le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, tente de relancer la diplomatie au Proche-Orient. (Reuters)


Ehoud Olmert chercherait-il à détourner l'attention? Alors qu'il doit être de nouveau entendu par la police vendredi, dans le cadre d'une enquête pour corruption - la cinquième du genre pour le Premier ministre israélien -, le dirigeant multiplie les "coups" diplomatiques.

Dimanche soir, il se disait prêt à mettre fin aux tirs de roquettes effectués par les activistes palestiniens, depuis la bande de Gaza. Sans préciser la méthode. Mercredi matin, il a confirmé le début de négociations indirectes avec la Syrie. "Les deux parties ont entamé des pourparlers indirects sous les auspices de la Turquie", peut-on lire dans ce texte, qui précise que chacun des deux camps s'est engagé à tenir ces discussions "de bonne foi et ouvertement".

Objectif: "Obtenir un accord global de paix." L'information a également été confirmée par Damas. Selon les médias israéliens, deux proches conseillers d'Ehoud Olmert sont depuis mardi à Ankara. Les négociations doivent notamment porter sur le Golan, le plateau conquis par Israël lors de la guerre des Six jours en juin 1967. Damas exige sa restitution totale, jusqu'aux rives du lac de Tibériade, principale réserve d'eau douce d'Israël. Point d'achoppement des dernières négociations en date, sous l'égide des Etats-Unis, en 2000.

Affaiblir le Hezbollah et le Hamas

Mais depuis, la position israélienne a changé. Ehoud Olmert a ainsi indiqué être prêt à évoquer la restitution du plateau, à condition que Damas rompe ses liens avec l'Iran, et les mouvements hostiles à Israël, tels que le Hamas, dans la bande de Gaza, et le Hezbollah, au Liban. Selon le quotidien londonien en langue arabe Al-Hayat, les Etats-Unis seraient à l'origine de ces pourparlers. Inquiet par les récents affrontements au Liban, Washington pousserait pour obtenir un accord de paix entre la Syrie et Israël, afin de diminuer l'influence du Hezbollah chiite soutenu par Damas, dans la région.

Pour Israël, il s'agit surtout de sécuriser sa frontière avec le Liban. Et de mettre ainsi dans la balance des négociations avec la Syrie, la fin du soutien de celle-ci au Hezbollah et au Hamas contre la restitution du Golan. Opposer la Syrie, à l'Iran, au Hamas et au Hezbollah, une stratégie confirmée par un autre élément mercredi. Selon le quotidien israélien Haaretz, Ehoud Olmert aurait proposé à la présidente de la Chambre des représentants américains, Nancy Pelosi, en voyage dans la région la semaine dernière, de décréter un blocus maritime contre l'Iran.



L'objectif de la mesure est clair: il s'agit d'acculer la République islamique afin qu'elle cède et renonce à son programme nucléaire. "Les sanctions économiques actuelles [mises en place par la communauté internationale, ndlr] sont arrivées à épuisement", aurait dit le Premier ministre israélien, selon des propos rapportés par le journal. Conclusion logique: la communauté internationale doit prendre des mesures plus fermes pour empêcher l'Iran de poursuivre ses activités d'enrichissement d'uranium, susceptibles de doter Téhéran de l'arme atomique. L'information n'a pas été confirmée. "Il s'agit de discussions confidentielles", a simplement commenté un porte-parole d'Ehoud Olmert.

Parallèlement, la médiation égyptienne entre le Hamas et Israël se poursuit. A petits pas. Mardi soir, le Caire annonçait l'imminence d'une trêve dans la bande de Gaza. Une information non confirmée par Israël. Selon le porte-parole du ministère israéliens des Affaires étrangères, "rien n'est conclu". Mais selon le Haaretz, l'affaire n'est pas enterrée. L'Etat hébreu "attend d'ici la fin de la semaine la réponse détaillée de l'Egypte concernant les positions palestiniennes", précise-t-il dans son édition de mercredi. Trêve avec le Hamas, négociations de paix avec la Syrie et isolement du Liban, soixante ans après sa création, Israël se cherche une stabilité.


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