JO: Cohn-Bendit attaque Sarkozy
Publié le 10 juillet 2008 à 14h32 par
Le discours de Nicolas Sarkozy sur la présidence française de l'Union européenne jeudi à Strasbourg a été l'occasion pour Daniel Cohn-Bendit de critiquer très vertement la décision "minable" du chef de l'Etat français de se rendre à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. En réponse, Nicolas Sarkozy a notamment assuré avoir l'accord de ses partenaires européens.

Daniel Cohn-Bendit a expirmé sa colère après la décision de Nicolas Sarkozy de se rendre aux JO. (Reuters)
Paré du fameux tee-shirt de Reporters sans frontières (RSF) représentant les anneaux olympiques en menottes, Daniel Cohn-Bendit a longtemps pris son mal en patience dans l'enceinte du Parlement européen de Strasbourg. Avant d'exploser quand, enfin, son tour de parole est venu. Objet de l'ire du député européen des Verts, la décision de Nicolas Sarkozy de se rendre à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin. L'ex-"Dany le Rouge" n'a pas manqué l'occasion d'avoir en face de lui le président français, venu en Alsace pour présenter les priorités de la présidence française de l'UE, pour lui faire part de sa colère.
"Vous allez manger avec des baguettes avec le président chinois pour ouvrir les Jeux Olympiques. Bon appétit! a attaqué Daniel Cohn-Bendit. Moi, je penserai à tous les prisonniers qui croupissent dans les prisons chinoises, je penserai à tous ceux qui sont arrêtés, je penserai à tous ceux qui sont maltraités au Tibet." Et de poursuivre, la voix de plus en plus tremblante: "Vous aviez une occasion en or de défendre les valeurs européennes de démocratie et de la liberté, en disant "je ne participerai pas à la mascarade du parti communiste chinois!" Quand vous écrirez vos mémoires, vous regretterez ce que vous avez fait. Vous verrez que ceux qui croupissent dans les prisons pleureront parce que ceux qui les mettent en prison diront "on peut faire ce qu'on veut parce que le monde occidental ne veut que nos marchés"" Puis l'eurodéputé, de plus en plus marqué, martelait pour conclure, la voix se brisant parfois: "C'est une honte, c'est minable de se rendre à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques."
L'accord de "tous les Etats-membres"
"Je comprends votre émotion, je la ressens également", a répondu Nicolas Sarkozy, avant de défendre sa position. "J'ai reçu de tous les Etats membres un accord pour me rendre à la cérémonie des Jeux olympiques", a indiqué celui qui assure donc la présidence ce l'Union européenne pour les six prochains mois. "Je ne pense pas qu'on peut boycotter un quart de l'humanité." Sur la question des libertés, le président français é répété qu'il en parlerait à son homologue chinois. "Sur le fond des choses, sur la défense des droits de l'Homme, nous sommes d'accord," a-t-il déclaré. "Je veux y aller et je veux parler. Je défendrai donc la question des droits de l'Homme."
Une attitude que le président français avait déjà adoptée à plusieurs reprises par le passé, et que les dirigeants chinois ne devraient pas craindre. En revanche, ils devraient moins goûter la suite du discours de Nicolas Sarkozy. A l'ambassadeur de Chine à Paris, qui lui avait enjoint de ne pas rencontrer le dalaï-lama sous peine d'en subir "les conséquences". "Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda et mes rendez-vous", a simplement lancé le président de la République.
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