Ajax-loader-form

JO: L'ouverture boycottée?

Publié le 19 mars 2008 à 9h02 par

Alors que les violences perdurent au Tibet et que la Chine menace d'accentuer la répression des manifestations, la communauté internationale tergiverse toujours sur la réponse à apporter à l'attitude chinoise. Concernant le boycott des Jeux olympiques, Bernard Kouchner fait preuve de "diplomatie", tandis que Ségolène Royal et Reporters sans Frontières tapent du poing.

Bernard Kouchner la joue diplomate sur la question du boycott de la cérémonie d'ouverture des JO. - Reuters
Bernard Kouchner la joue diplomate sur la question du boycott de la cérémonie d'ouverture des JO. (Reuters)


Boycott total? Boycott de la cérémonie d'ouverture? Depuis le début des violences au Tibet, la communauté internationale s'oppose sur la réaction à adopter vis-à-vis du géant chinois. Alors que la situation ne s'améliore guère dans la "région autonome", occupée par Pékin depuis 1959, plusieurs discours discordants se font entendre. Car si le dalaï lama a rejeté l'idée d'un boycott, tout comme les instances sportives et la majorité des grandes capitales occidentales, l'Europe semble prête à envisager une présence restreinte de ses représentants lors de la cérémonie d'ouverture.

"La France ne boycotte pas les Jeux olympiques." Bernard Kouchner s'est voulu clair sur la position française par rapport aux JO à venir. "On ne peut pas être plus tibétain que le dalaï-lama, il est absolument contre le boycott des Jeux olympiques et il demande une autonomie culturelle", s'est justifié le ministre français des Affaires étrangères, mardi. S'il est sans ambigüité sur la position française concernant un boycott total des JO, le patron du Quai d'Orsay a semblé moins serein sur la question d'un boycott de la cérémonie d'ouverture. Dans la matinée, il estimait ainsi que cette proposition faite par Reporters sans Frontières était "une position appréciable. Considérons-la". Le président UMP de la commission des Affaires étrangères Axel Poniatowski, lui emboitait le pas en se prononçant dans un communiqué pour une limitation "au strict minimum" de la représentation française aux cérémonies d'ouverture et de clôture des JO.

Kouchner hésite, Royal radicale

Un peu plus tard dans la journée, Bernard Kouchner faisait volte-face et rejetait la proposition: "Nous n'y sommes pas favorables", disait-il alors. Un changement de cap à nuancer, le ministre déclarant qu'il était ouvert à ce que ce sujet soit discuté lors d'une réunion des instances européennes. "Nous allons la semaine prochaine nous réunir avec les ministres des Affaires étrangères pour deux jours de travail (...) Pourquoi ne pas examiner tout ca?", a-t-il dit. Sur une radio publique allemande, le président du parlement européen, Hans-Gert Pöttering avait en effet estimé un peu plus tôt que "toutes les options devaient rester ouvertes" à propos des Jeux olympiques d'août 2008 mais il a appelé les personnalités politiques qui prévoient d'assister à la cérémonie d'ouverture à "se demander, si cela (la violence) continue, s'il serait responsable d'effectuer un tel voyage".

Ségolène Royal, elle, n'a pas hésité longtemps sur l'attitude à adopter. Comme elle l'avait fait lors de sa campagne électorale les présidentielle, elle s'est prononcée pour un boycott total des JO à venir. "La première étape, c'est la menace de boycott des Jeux olympiques pour que la Chine cesse immédiatement la répression, les tueries, les massacres, et ouvre des pourparlers", a-t-elle déclaré. Si Pékin ne le fait pas avant cet été, les "pays démocratiques" ne devraient pas "s'amuser" aux JO "pendant que l'on tuerait, dans le même moment, des hommes et des femmes qui n'aspirent qu'au respect de leur identité culturelle", a-t-elle déclaré sur France 2.

Pendant que la communauté internationale tergiverse – le Conseil de sécurité de l'ONU a écarté l'idée d'un débat sur la question - , discute et cherche le meilleur moyen pour condamner le régime chinois sans se mettre à dos ce géant économique, les Tibétains subissent toujours des violences, en dépit des informations officielles fournies par la Chine. Mercredi, l'Empire du milieu, par la voix du secrétaire du Parti communiste au Tibet , Zhang Qingli, a ainsi annoncé qu'elle mènerait une lutte "à la vie à la mort" contre les partisans du dalaï-lama. "Nous sommes au coeur d'un combat féroce mêlant le sang et les flammes", a-t-il déclaré.


Commentaires (4)

Lagitateur | il y a 10 mois Signaler un abus Signaler un abus

Il faut des opposants pour faire avancer le smilblick. Pour information en 1980, la Chine a boycotté les JO de Moscou suite à l'invasion de l'Afghanistan par l'Union Soviétique en 1979...

jacques | il y a 10 mois Signaler un abus Signaler un abus

mes critiques sont plus dirigées vers Mme Royal qui reste particulièrement usante à se tenir en opposition contre le gouvernement sans savoir même le sujet.

jacques | il y a 10 mois Signaler un abus Signaler un abus

mes critiques sont plus dirigées vers Mme Royal qui reste particulièrement usante à se tenir en opposition contre le gouvernement sans savoir même le sujet.

victoire | il y a 10 mois Signaler un abus Signaler un abus

kouchner, monsieur volte face, à croire qu'il n'est pas capable de prendre une seule décision.

Écrire un commentaire

Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.