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JO: Sarkozy joue l'ouverture

Publié le 04 juillet 2008 à 17h31 par

Nicolas Sarkozy devrait être présent à Pékin. Une décision qui sera confirmée au prochain G8 au Japon. Une volte-face, après avoir laissé sous-entendre un éventuel boycott de la cérémonie d'ouverture, le 8 août prochain. Autre précision surprenante: le président français devrait rencontrer le dalaï-lama, mais le prix Nobel n'aura pas les honneurs d'un chef politique et ne sera pas reçu à l'Elysée.

Nicolas Sarkozy et George W. Bush devraient être présents à la cérémonie d'ouverture des JO le 8 août prochain. - Reuters
Nicolas Sarkozy et George W. Bush devraient être présents à la cérémonie d'ouverture des JO le 8 août prochain. (Reuters)


Le 23 mars dernier, Nicolas Sarkozy n'excluait pas le boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. L'Elysée aura finalement écouté les conseils de Bernard Kouchner. Depuis trois mois, le ministre des Affaires étrangères conseille l'Elysée de venir à Pékin pour ne pas rompre le dialogue avec la Chine. Selon RMC et Le Monde, Nicolas Sarkozy devrait assister à la cérémonie d'ouverture des JO, le 8 août prochain. Une décision qu'il confirmera publiquement en marge du G8.

Reprise de négociations

Tout comme George W. Bush, l'Elysée considère la cérémonie d'ouverture comme un événement plus sportif que politique. Le président français avait laissé planer le doute sur sa venue à la suite de la répression par les forces de sécurité chinoises des émeutes de Lhassa, capitale administrative de la province du Tibet. Des violences vivement critiquées par les européens et les américains. Parsemé de manifestations pro-tibétaines, le parcours de la flamme olympique à Londres, Paris et San Francisco s'était montré épique.

Mais depuis lundi 30 juin, des négociations se déroulent entre les autorités chinoises et le dalaï-lama, le chef spirituel des Tibétains. Une condition suffisante pour justifier, selon la présidence, la présence de Nicolas Sarkozy à Pékin. "Notre conviction, c'est que c'était le maximum qu'on pouvait obtenir. Le plus utile est d'agir dans la durée", explique-t-on à l'Elysée. "Dans une Chine où les débats existent plus qu'on ne le croit", le président entend soutenir son homologue chinois Hu Jintao et son projet de "société harmonieuse". En fait, rien n'est concret. Le président chinois est censé présenter le rapport des négociations avec les émissaires du dalaï-lama au prochain G8. Mais aucun officiel du Parti chinois n'affirme que des mesures seront prises.

La désunion européenne

Le président français ne se range pas pour autant aux côtés de la Chine. Lors d'une entrevue avec Hu Jintao, au G8 du Japon, il compte réaffirmer son intention de rencontrer le dalaï-lama. Le prix Nobel de la paix sera en visite début août en France. Mais l'Elysée ne compte pas lui faire l'honneur d'un chef d'Etat. Si George W. Bush a reçu officiellement le chef religieux, qui a reçu la médaille d'or du Congrès américain, Nicolas Sarkozy ne l'invitera pas à l'Elysée. "Nous considérons par définition que la dalaï-lama n'est pas un chef d'Etat ou politique, mais un chef religieux", précise l'entourage du président de la République, cité par Le Monde.

Une philosophie qui n'est pas partagée par nos voisins européens. Depuis le 1er juillet, Nicolas Sarkozy représente les 27 pays de l'Union européenne. La cellule diplomatique de l'Elysée a fait le tour de l'Europe pour s'assurer que nul n'avait d'objection à ce que le président français soit présent à Pékin. L'Union reste divisée sur la question: ni la chancelière allemande Angela Merkel, ni le chef du gouvernement polonais Donald Tusk ne feront le voyage en Chine. En revanche, Gordon Brown sera présent à la cérémonie de clôture. Les Jeux olympiques 2012 se passant à Londres, le Premier ministre britannique est obligé d'assurer le relais.

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