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Kaboul: L'hommage de Sarkozy

Publié le 20 août 2008 à 7h47 par Gaël VAILLANT

Nicolas Sarkozy est arrivé à Kaboul mercredi matin, où il a rendu hommage aux dix soldats tués dans un violent accrochage avec des taliban. En fin de matinée, le président a rencontré le général Stollsteiner, commandant de la région de Kaboul, avant de s'entretenir avec Hamid Karzaï. Alors qu'en France la polémique enfle, il a réaffirmé l'utilité de la présence française en Afghanistan.

Nicolas Sarkozy, entouré d'Hervé Morin  et de Bernard Kouchner, s'est entretenu avec le président afghan, Hamid Karzaï. (Reuters) - à droite
Nicolas Sarkozy, entouré d'Hervé Morin et de Bernard Kouchner, s'est entretenu avec le président afghan, Hamid Karzaï. (Reuters) (à droite)


Le président de la République a rendu hommage aux dix soldats morts dans une embuscade tendue par les taliban à deux détachements français de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan. En visite express à Kaboul mercredi, il s'est rendu avant tout à la chapelle ardente du camp Warehouse –QG des forces françaises à Kaboul– où reposent les corps des victimes. Puis, il s'est entretenu avec des militaires du 8e Régiment parachutiste d'infanterie de marine (8e RPIMa), qui lui ont raconté l'embuscade et les combats contre les taliban, dans la vallée d'Uzbeen, à 50 km à l'est de Kaboul. Accompagné de ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi que du chef d'Etat major des armées Jean-Louis Georgelin, le chef d'Etat s'est entretenu avec les responsables militaires de l'Isaf. Il a rendu visite au président afghan en fin de matinée.

Hamid Karzaï a invité mercredi l'armée afghane et les forces alliées à redoubler d'attention pour faire face à la recrudescence des violences dans son pays. Ces trois derniers mois, les troupes étrangères présentes sur le sol afghan ont connu plus de pertes qu'en Irak où les Etats-Unis comptent pourtant deux fois plus de soldats que la totalité des forces internationales déployées en Afghanistan. Hamid Karzaï a présenté ses condoléances à Nicolas Sarkozy: "La France a toujous été une grande amie et un grand soutien pour l'Afghanistan et nous sommes profondément attristés et bouleversés", a-t-il dit.

Le président sur plusieurs fronts

Depuis hier, Nicolas Sarkozy doit faire face aux critiques de l'opposition. Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, a demandé dans une interview accordée au Parisien la convocation urgente des commissions des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement pour créer un nouveau débat sur la présence française en Afghanistan. "La question n'est pas de savoir s'il faut lutter contre le terrorisme et le fondamentalisme, mais si la stratégie est la bonne", a-t-il déclaré. François Hollande a également abondé en ce sens: "Il faut se donner le temps de la réflexion sur ce qui est le sens de notre mission en Afghanistan. Il faut la redéfinir et lui fixer des objectifs précis (...) dans les jours qui viennent", a-t-il déclaré sur France Info. Plus sévère, Pierre Moscovici a dénoncé "une guerre sans but et sans fin".

Mais le président et son ministre de la Défense, Hervé Morin, campent sur leur position. Hors de question de changer une stratégie, définie il y a moins de six mois. En effet, Nicolas Sarkozy a décidé en avril dernier d'envoyer des renforts en Afghanistan où sont aujourd'hui stationnés 2 600 militaires français dans le cadre de l'Isaf sous commandement de l'Otan. Il a suivi l'injonction de Washington, qui réclame sans cesse de nouveau renforts. Mercredi matin, il a réaffirmé aux soldats français de l'Isaf sa détermination: "Le travail que vous faites ici est indispensable. (...) Ici se joue une part de la liberté du monde ; ici se mène le combat contre le terrorisme." Nicolas Sarkozy a remotivé ses troupes à renforts de grands mots: "Même si le bilan est très lourd, ce que vous faites ici soyez-en fiers. (...) La meilleure façon d'être fidèles à vos camarades, c'est de continuer le travail, de redresser la tête, d'être professionnel." Avant de rendre visite aux blessés français, rescapés de l'attaque des taliban, il a rencontré à huis clos le général Michel Stollsteiner, commandant français de l'Isaf. Il a alors réaffirmé qu'aucun changement de stratégie n'était prévu pour l'instant. Hervé Morin a toutefois précisé que l'armée française devra tirer "des conséquences en matière de renseignement".

Un numéro vert (0800 74 75 75) a été ouvert pour les familles des militaires présents en Afghanistan. Une cérémonie en l'honneur des soldats tués devrait avoir lieu jeudi matin aux Invalides.

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Commentaires (1)

Barbara | il y a 3 mois Signaler un abus Signaler un abus

Les hommages ne suffisent pas ! Il faut faire quelques choses pour nos soldats français !

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