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Le G8 se penche sur l'Afrique

Publié le 07 juillet 2008 à 22h35 par

La première journée du sommet du G8, actuellement réuni à Toyako, au Japon, a été consacrée à l'Afrique. Confrontés aux doléances des Etats du continent noir, la France et l'Allemagne ont proposé certaines mesures pour que les engagements des pays les plus riches soient tenus. Le problème zimbabwéen a également été abordé, avec une préférence marquée pour une médiation.

Les huit chefs d'Etat du G8, accompagnés de Jose Manuel Barroso ont évoqué la question africaine. - Reuters
Les huit chefs d'Etat du G8, accompagnés de Jose Manuel Barroso ont évoqué la question africaine. (Reuters)


L'Afrique a été au coeur des discussions lors de la première journée du G8 lundi à Toyako. Les huit chefs d'Etats africains invités au Japon n'ont en effet pas manqué l'occasion, lors d'un déjeuner, de se plaindre auprès de leurs homologues des pays les plus riches du monde que les promesses formulées précédemment, notamment en matière d'aides financières, ne soient pas tenues. "Le constat a été fait que les engagements n'étaient totalement tenus ni du côté du G8 ni du côté des Africains", en matière de lutte contre la corruption, par exemple, a rapporté un membre de la délégation française.

Selon cette même source, la France et l'Allemagne auraient, en réponse, proposé que soit établi chaque année au cours d'une rencontre entre représentants des pays concernés un bilan du respect des engagements pour "corriger cette double carence". "Cela permettrait d'attaquer l'année avec une espèce de tableau de bord de ce qui nous reste à accomplir avant le sommet de l'été suivant", explique l'entourage de Nicolas Sarkozy, avant de tempérer. "Ce n'est pas complètement calé. C'est une des formules possibles." Pour l'heure, seuls 20% des aides promises en 2005 à Gleneagles, en Ecosse auraient été versées. Les dirigeants américain, russe, britannique, français, allemand, italien, canadien et japonais avaient alors promis de doubler d'ici à 2010 leur aide au tiers monde pour la porter à 50 milliards de dollars, l'Afrique devant bénéficier de la moitié de cette somme. A Toyako, le G8 devrait se contenter de rappeler dans sa déclaration finale ses objectifs.

Vers une solution intermédiaire pour le Zimbabwe

Difficile en ce moment de parler de l'Afrique sans évoquer le Zimbabwe, et le sommet du G8 n'a pas dérogé à la règle. Point de décision définitive là non plus, mais des condamnations fermes. Selon la délégation française, Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre canadien Stephen Harper et même le président russe Dmitri Medvedev ont dit en substance que cela ne "pouvait plus durer". Nicolas Sarkozy, selon l'un de ses conseillers, aurait pris la parole au cours du déjeuner pour affirmer que "Robert Mugabe est un vrai coup de poignard donné à l'image de l'Afrique toute entière."

Après la médiation proposée par l'Union africaine, et le projet de résolution formulé par les Etats-Unis devant le Conseil de sécurité des nations-Unies, le G8 pourrait proposer en fin de sommet une solution intermédiaire. Selon la délégation française, le G8 pourrait cependant proposer de différer l'application de la résolution du Conseil de sécurité, si elle est adoptée, "pour donner 15 jours, par exemple à la négociation conduite par Thabo Mbeki", le président sud-africain. Si ça marche, très bien. Si ça ne marche pas, la résolution, au bout de 15 jours, s'applique automatiquement avec l'imposition de sanctions", ajoute la même source. Reste désormais à attendre si ce "scénario possible" sera adopté lors de la déclaration finale de ce sommet de Toyako. Réponse le 9 juillet.

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