Le Kenya s'enfonce dans le chaos
Publié le 26 janvier 2008 à 17h13 par
Au Kenya, les machettes et les lances sont de sortie. Les affrontements politico-ethniques se durcissent, faisant des centaines de morts. Les partisans du président Kibaki s'opposent à ceux de Raila Odinga. Les efforts de Kofi Annan et les gestes de bonne volonté des deux dirigeants n'ont pas permis de mettre fin aux violences. Le pays s'enfonce chaque jour un peu plus dans une spirale négative.

Les cadavres s'alignent en nombre dans les hôpitaux kényans. (Reuters)
Les scènes de violences se succèdent au Kenya. Chaque jour apporte son lot de morts. Au point que le sous-secrétaire des Nations unies aux Affaires humanitaires, John Holmes, a estimé samedi que le Kenya risquait de basculer dans une "<i>spirale de la violence irréversible</i>". Peut-être ce basculement s'est-il déjà produit. Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies et jouant le rôle de médiateur pour l'occasion, n'a pu résoudre la crise.
Des fusillades ont éclaté samedi dans la ville de Nakuru, dans la vallée occidentale du Rift. Cette région est l'épicentre des troubles qui secouent le Kenya depuis le 27 décembre dernier, date de la réélection du président Mwai Kibaki, contestée par l'opposant Raila Odinga. Les cadavres s'entassent dans les morgues. Les corps portent des blessures de toutes sortes d'armes: machettes, lances ou encore flèches. "<i>Il n'y a rien à faire. Tous ceux qui encouragent les violences restent confortablement à l'abri de leurs luxueuses villas pendant que nous brûlons</i>", déclare Urunga Maina, un habitant de Nakuru qui s'est précipité à l'hôpital avec son neveu après avoir été poursuivi par une foule armée de machettes. A la gare routière, deux personnes ont été lapidées à mort.
<b>Pas de règlement politique</b>
Le couvre-feu nocturne n'a pas empêché la construction de barrages dans la ville, tenus par des jeunes gens en armes. Le vigile d'une banque a raconté avoir vu des partisans de Kibaki pourchasser un homme et le tuer. "<i>Ils lui ont d'abord déchiré les vêtements et l'ont tué à coups de panga (machette). Il a mis du temps à mourir. La police s'est contentée de regarder, il n'y avait pas grand chose qu'elle puisse faire</i>", a-t-il rapporté.
Au conflit politique entre Mwai Kibaki et Raila Odinga s'ajoute un affrontement ethnique. Dans les rues, la tribu kikuyu, celle du chef de l'Etat, s'oppose aux Luos et aix Kalenjins. Les deux chefs se sont rencontrés pour la première fois jeudi, sous l'égide de Kofi Annan, mais sans résultat probant. Les sourires et poignées de main n'ont pas suffi pour mettre un terme aux violences. Raila Odinga a même exhorté l'Union africaine, qui se réunit à Addis-Abeba du 31 janvier au 2 février, à ne pas reconnaître son rival comme président. Il a en outre exclu, dans une interview à Reuters, de devenir le Premier ministre de Kibaki. Le pays est plus que jamais au bord du chaos.
Articles sur le même thème
Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.

Il n'y a pas de commentaires pour le moment.