Le rappel à l'aide du FMI
Publié le 24 septembre 2008 à 16h31 par Christophe ISRAËL
Alors que les pays riches sont tout à leurs crises financière et économique, le Fonds monétaire international (FMI) rappelle lui que les prix élevés du pétrole et des produits alimentaires continuent de mettre en péril les économies les plus fragiles, celles des pays en développement. Son président Dominique Strauss-Kahn rappelle aux pays riches la nécessité de l'aide internationale.

De nombreux Etast, comme les Philippines, subventionnent l'achat de denrées alimentaires de base. Une politique coûteuse. (Reuters)
Une crise peut en cacher une autre. Le scandale des "subprime", et ses conséquences en cascade, n'en finit plus de remplir les colonnes des journaux. Pour un peu, on en oublierait presque qu'avant elle, c'est une autre crise qui préoccupait les médias. Celle en cours dans les pays du Sud, plus lointaine et dont l'impact direct n'était pour beaucoup que visuel: la crise alimentaire, à l'origine des émeutes de la faim, provoquées par les hausses vertigineuses du coût des produits alimentaires et par l'inflation. Le fonds monétaire international (FMI), dans une note mettant à jour son rapport sur la pauvreté, rappelle ainsi que les hausses des prix du pétrole et des aliments touchent d'abord les pays les plus pauvres dans le monde.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Malgré la baisse relative des derniers mois, note ainsi le FMI par la voix de son président Dominique Strauss-Kahn, "le niveau des prix reste bien supérieur à celui observé avant la récente flambée". Ce qui, pour un grand nombre de pays, notamment africains, représente un choc significatif. Ainsi, si le baril a perdu 40 depuis juin, restent supérieurs à ce qu'ils étaient il y a 18 mois.
Les plus pauvres, premières victimes
Inévitablement, le poids des mesures prises par les gouvernements nationaux pour faire face à la situation pèse lourdement sur le budget des pays les plus pauvres. L'inflation moyenne dans ces derniers a ainsi été de 3 d'ici la fin de l'année. Un phénomène qui, dans des économies déjà fragiles, impacte prioritairement les populations les plus faibles. "Autant que nous sachions, l'inflation touche tout le monde, mais principalement les pauvres", a ainsi rappelé DSK.
Véritable priorité, la contention de la hausse des prix dans des limites raisonnables doit s'appuyer sur une politique monétaire volontariste de la part des Etats. En outre, le ciblage des publics visés par les programmes d'assistance doit permettre de réduire les coûts de la lutte contre la pauvreté. "Le monde doit faire plus", insiste DSK, qui rappelle ainsi la nécessité pour les pays riches, principaux donateurs de l'aide au développement, de jouer leur rôle malgré leurs propres difficultés. "L'aide extérieure continue d'être vitale" pour les plus pauvres.
Le FMI a décidé d'augmenter une nouvelle fois le montant global des aides accordées à une quinzaine de pays particulièrement exposés, et tente de mieux coordonner ses propres actions avec celles des autres organismes internationaux comme la Banque mondiale ou l'OCDE. Enfin, une nouvelle ligne budgétaire – appelée à couvrir les "chocs exogènes"-, a été ouverte, destinée à simplifier et accélérer le déblocage des fonds. Une initiative de bonne volonté dont l'efficacité dépend en amont du versement par les pays donateurs des sommes attendues. Ce qui reste loin d'être le cas, les sommes versées restant bien inférieures à celles promises...
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