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Le Zimbabwe entre deux eaux

Publié le 21 juillet 2008 à 18h17 par

Le président contesté Robert Mugabe et le chef de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai sont sur la route des négociations. Pour éviter une complication de la situation, qui nuirait aux deux parties, ils ont paraphé un accord pour entamer prochainement des négociations sous la bienveillance d'une Afrique du sud omniprésente. Une étape décisive vers une sortie de crise.

Robert Mugabe fait un pas vers l'opposition, mais la méfiance demeure. - Reuters
Robert Mugabe fait un pas vers l'opposition, mais la méfiance demeure. (Reuters)


Depuis quelques jours, les tractations se précisaient, les deux parties redoublant d'efforts pour éviter une crise aussi grave qu'au Kenya. Désormais, les négociations pour la paix au Zimbabwe, par la médiation du président sud-africain, Thabo Mbeki, sont officiellement lancées: le président Robert Mugabe et son opposant Morgan Tsvangirai ont signé un accord définissant un calendrier et les objectifs des discussions. L'événement paraît anodin et n'a aucune conséquence sur la crise, mais c'est un pas de géant dans un pays sous hypertension depuis la tenue contestée de l'élection présidentielle du 27 juin dernier. Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, était alors le candidat unique, suite au retrait d'une opposition violentée.

L'Afrique du sud au premier plan

Après trois semaines de pression de la communauté internationale, un accord va donc lancer des négociations entre le "nouveau président" et l'opposition. Cette détente est à mettre au crédit de la médiation sud-africaine. Soutenu par un "groupe de liaison" composé des représentants de l'Union africaine (UA) et de l'ONU, l'Afrique du sud –la puissance régionale qui tente d'éviter qu'une guerre civile se déclare chez son voisin– a convaincu Robert Mugabe de s'ouvrir. Si le président refuse un éventuel partage du pouvoir avec Tsvangirai, il a consenti de "travailler" avec ses adversaires. Thabo Mbeki, chargé de la médiation et de faire le lien avec l'UA, est resté très pragmatique: "Ce protocole d'accord va juste engager les parties à un intense programme de travail pour finaliser les négociations aussi vite que possible."

L'accord n'a pas effacé les tensions. Mugabe et Tsvangirai ont paraphé le protocole dans un silence pesant, n'échangeant ni politesse, ni poignée de main. Les pourparlers se dérouleront dans les prochains jours sous l'égide de l'Afrique du sud, mais Morgan Tsvangirai a répété son "extrême méfiance envers Thabo Mbeki", qui "joue un peu trop" le jeu de Mugabe. De son côté, Mugabe se dit dans le quotidien gouvernemental The Herald "vigilant face aux menaces d'atteintes à la souveraineté du pays". Seule la présence aux négociations de l'UA, associée aux Nations unies, pourrait apaiser ces doutes.

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