Les "défis" mondiaux de Sarkozy
Publié le 18 janvier 2008 à 20h25 par
Vendredi, lors de la présentation des ses voeux aux corps diplomatiques, Nicolas Sarkozy a mis l'accent sur les deux grands défis que la communauté internationale aura à relever: lutter contre le réchauffement climatique et combattre le fanatisme religieux. Le chef de l'Etat a en outre plaidé pour une "<i>diplomatie de la réconciliation</i>" opposée à "<i>une diplomatie de la complaisance</i>".

Nicolas Sarkozy a fixé le cap de la diplomatie française pour 2008. (Reuters)
<b>Climat et Religion</b>
Nicolas Sarkozy a défini les deux grands "<i>défis</i>" que devra relever la communauté internationale en 2008: la lutte contre le réchauffement climatique et "<i>les conditions du retour du religieux dans la plupart de nos sociétés</i>". Sur le premier, le chef de l'Etat attend que l'Union européenne précise "<i>comment elle compte décliner les engagements des 27 pays membres pour assurer le succès de la négociation de Bali</i>". Avec le Grenelle de l'environnement, la France s'est engagée dans l'invention d'un nouveau modèle de croissance. C'est une démarche semblable que nous devrions adopter au niveau européen</i>", a-t-il encore plaidé.
Sur le second, après avoir été tancé sur le sujet suite à ses discours de Latran et surtout de Riyad, au cours duquel il avait froissé le camp laïc en faisant de Dieu "<i>le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes</i>", Nicolas Sarkozy a de nouveau défendu sa conception de la laïcité. "<i>Que l'on me comprenne bien: je suis favorable à l'épanouissement des religions comme au droit de chacun de ne pas en avoir, ou d'en changer</i>", a-t-il expliqué. Sur la scène internationale, le chef de l'Etat a fait "<i>de la diversité, de l'ouverture, de la tolérance, de l'acceptation de l'autre dans sa différence</i>", "<i>un combat fondamental</i>" contre "<i>les réseaux terroristes globaux de type Al-Qaïda qui rêvent d'une confrontation Islam contre Occident, pour mieux dicter leur loi à des peuples qui ne demandent pourtant qu'à vivre leur foi dans la paix</i>".
<b>Diplomatie de la réconciliation</b>
Expliquant que la France devait prendre toute sa place au sein de "<i>la famille occidentale</i>", Nicolas Sarkozy a plaidé pour "<i>une diplomatie de la réconciliation</i>". Un concept qui, selon lui, justifie l'accueil réservé à certains dirigeants, Mouammar Kadhafi en tête. "<i>Si l'on ne tenait pas compte des gestes accomplis par le dirigeant libyen en renonçant aux armes de destruction massive sous contrôle international, en renonçant au terrorisme avec indemnisation des victimes, en libérant les infirmières bulgares, quel message enverrait-on aux dirigeants de la Corée du Nord ou de l'Iran alors que nous cherchons à les convaincre d'en finir avec la prolifération?</i>", s'est défendu le chef de l'Etat au sujet d'une visite qui a suscité de vastes polémiques.
Une "<i>diplomatie de la réconciliation</i>" qui ne doit toutefois pas se confondre avec "<i>une diplomatie de complaisance</i>". En ce sens, Nicolas Sarkozy a défini la ligne de conduite de la politique française à l'étranger: "<i>Si les orientations agrées lors d'un dialogue ne sont pas respectées, ou lorsque ce dialogue ne débouche pas sur les résultats attendus, il m'appartient d'en tirer les conséquences</i>". Et de prendre pour exemple le gel des relations avec la Syrie au sujet du Liban.
<b>Afrique</b>
Dans le cadre de sa politique étrangère qu'il souhaite là encore, en rupture avec celle menée par ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy a réservé une partie de son discours à l'Afrique. Sujet sensible depuis la sortie en milieu de semaine de Jean-Marie Bockel (voir par ailleurs), la "Françafrique" doit laisser la place à une nouvelle forme de dialogue avec le continent noir: "<i>Sur le terrain, je souhaite une action plus proche de la société civile, délibérément tournée vers la jeunesse, soucieuse de répondre à ses attentes</i>", a appuyé le chef de l'Etat, réitérant au passage son soutien à son secrétaire d'Etat en charge de la Coopération. Afrique toujours, Nicolas Sarkozy a plaidé pour la réalisation d'un "<i>grand projet de civilisation</i>": l'Union pour la Méditerranée. Un sommet, prévu à Paris les 13 et 14 juillet prochains doit porter sur les fonts baptismaux l'une de ses importantes promesses de campagne.
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