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Liban: La solution du général

Publié le 25 novembre 2007 à 10h00 par

L'actuel chef de l'armée, le général Michel Sleimane, 59 ans, pourrait être présenté dans les prochaines heures par différents courants politiques libanais comme l'homme du consensus, pour devenir le prochain président de la République, a confié samedi au JDD une source diplomatique à Beyrouth. Une solution de compromis rendue indispensable par la crise institutionnelle que traverse le pays.

Emile Lahoud, qui a quitté le fauteuil présidentiel vendredi soir devrait être remplacé par le général Michel Sleimane. - Reuters
Emile Lahoud, qui a quitté le fauteuil présidentiel vendredi soir devrait être remplacé par le général Michel Sleimane. (Reuters)
L'actuel chef de l'armée, le général Michel Sleimane, 59 ans, pourrait être présenté dans les prochaines heures par différents courants politiques libanais comme l'homme du consensus, pour devenir le prochain président de la République, a confié samedi au JDD une source diplomatique à Beyrouth.

Une solution de compromis rendue indispensable par la crise institutionnelle que traverse le pays depuis la fin du mandat du pro-syrien Emile Lahoud. Sans Président depuis vendredi soir, le Liban est désormais dirigé par le Premier ministre, Fouad Siniora, dont le gouvernement n'est pas reconnu par l'opposition pro-syrienne. La tension est à son comble et les chars patrouillent dans les rues de Beyrouth.

L'élection du Président a été reportée pour la cinquième fois

Depuis le 14 novembre, les différentes tentatives pour trouver un candidat acceptable par toutes les parties ont échoué. L'élection du Président par le Parlement a été reportée vendredi, pour la cinquième fois. Et ce, malgré la médiation de différentes parties, dont la France, représentée cette semaine à Beyrouth par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

La majorité parlementaire pro-occidentale, dirigée par le sunnite Saad Hariri, président du Courant du futur, et l'opposition pro-syrienne, dirigée par le chiite Nabih Berri, président du Parlement, se rejettent la responsabilité de l'échec. Les premiers dénoncent les interférences de l'Iran et de la Syrie. Le jeu de la diplomatie française aura ainsi consisté à résister aux fortes pressions de l'opposition pour imposer un candidat ouvertement pro-syrien. Mise en cause dans l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, la Syrie veut en effet s'assurer que le nouveau président refusera de cautionner l'action du Tribunal pénal international sur le Liban.

Une modification préalable de la Constitution libanaise

Pour sortir du blocage, la majorité emmenée par Saad Hariri pourrait donc proposer dans les prochains jours le nom du général Michel Sleimane, qu'elle considère comme "très fiable". L'opposition pro-syrienne pourrait difficilement refuser puisque le chef de l'armée libanaise est apprécié des Syriens. Surtout, en neuf ans, ce général chrétien maronite a su préserver l'unité de cette institution essentielle qu'est l'armée, dans un pays régulièrement secoué par des tensions confessionnelles. Comme lors de la guerre entre Israël et le Hezbollah, à l'été 2006. Il bénéficie également d'une solide popularité depuis l'assaut donné l'été dernier par l'armée contre les intégristes palestiniens du Fatah al-Islam retranchés dans le camp de Nahr el-Bared.

Seul problème, l'élection à la présidence du chef de l'armée impose au préalable une modification de la Constitution libanaise. Or, celle-ci nécessite l'accord du Conseil des ministres, lequel est actuellement jugé illégitime par l'actuelle opposition pro-syrienne. La solution du général reste donc à la merci d'un ultime blocage.


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