Liban: Les discussions patinent
Publié le 17 mai 2008 à 15h13 par
La réunion des responsables libanais, samedi au Qatar, a tourné court. Les représentants du gouvernement et de l'opposition emmenée par le Hezbollah se sont séparés au bout d'une heure et demie, sans avoir trouvé d'accord. Ils ont cependant accepté de former une commission qui devra plancher sur la loi électorale et la formation d'un gouvernement d'union.

Le Hezbollah d'Haad et le maronite Aoun veulent pousser le gouvernement vers la sortie. (Reuters)
Même quand elle se déplace, la crise libanaise perdure. Réunis sous l'égide de la Ligue arabe ce samedi au Qatar, les responsables libanais n'ont pas discuté très longtemps. Après quelque 90 minutes d'entretien, représentants du gouvernement anti-syrien et membres de l'opposition conduite par le Hezbollah se sont séparés sans qu'un accord ait pu être trouvé. L'impasse politique dans laquelle le pays du Cèdre se trouve depuis novembre 2006 et qui a notamment conduit à 18 reports consécutifs de l'élection présidentielle n'est pas prêt de trouver une issue.
Tout juste les acteurs du conflit ont-ils accepté de former une commission mixte de quatre membres, chargée de réfléchir à deux sujets de contentieux des plus importants: la nouvelle loi électorale, et le nouveau cadre d'un gouvernement incluant l'opposition. "L'impression, dieu merci, de cette session montre que toutes les factions ont le désir de parvenir à un accord (...) qui nous rapprochera d'un début de solution à cette crise", a dit après la réunion Fouad Siniora, le Premier ministre. "Nous devons avoir espoir et confiance dans notre capacité à faire l'impossible jusqu'à ce que nous trouvions des solutions à cette étape difficile à laquelle le Liban se confronte depuis deux semaines", a-t-il ajouté, faisant référence à l'offensive du Hezbollah dans l'ouest de Beyrouth qui a fait plus de 80 morts.
Les discussions ne sont pour l'heure pas enterrées, puisque les deux parties doivent se retrouver dans l'après-midi, toujours sous la présidence du Premier ministre qatari. Le cadre d'un nouveau partage du pouvoir reste la base d'un règlement de la crise, ouverte en novembre 2006 avec la démission des six ministres représentant l'opposition parce que la majorité parlementaire leur refusait un droit de veto. Les médiateurs arabes ont obtenu jeudi un accord sur l'arrêt des affrontements les plus graves, et la réunion des deux parties à Doha, ce week-end. Un responsable politique libanais estime les "chances de succès et d'échec à 50/50" et "les obstacles si importants qu'il faudra un effort énorme pour les aplanir". La question des armes du Hezbollah, seule milice autorisée à conserver son arsenal après la guerre civile, que certains membres de la coalition anti-syrienne au pouvoir devraient poser ce samedi après-midi, pourrait notamment être l'une de ses barrières.
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