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Mélanie attend beaucoup d'Hugo

Publié le 18 novembre 2007 à 11h00 par

Le président vénézuélien, Hugo Chavez, en visite officielle à Paris ce mardi, dit avoir de "bonnes nouvelles" quant au sort réservé à Ingrid Betancourt, retenue en otage par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis déjà cinq ans. Sa fille, Mélanie Betancourt, attend d'avoir des preuves de vie concrètes avant de se réjouir.

Depuis plusieurs semaines, Hugo Chavez oeuvre en tant que médiateur dans le dossier des otages en Colombie. - Reuters
Depuis plusieurs semaines, Hugo Chavez oeuvre en tant que médiateur dans le dossier des otages en Colombie. (Reuters)
Le président vénézuélien, Hugo Chavez, en visite officielle à Paris ce mardi, dit avoir de "bonnes nouvelles" quant au sort réservé à Ingrid Betancourt, retenue en otage par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis déjà cinq ans. Sa fille, Mélanie Betancourt, attend d'avoir des preuves de vie concrètes avant de se réjouir.

"Cela fait des années que l'on se bat dans la famille et on a appris, quelque part, à être prudents avec nos émotions. J'ai vraiment, vraiment envie de croire que, dans quelques jours, j'aurai une preuve de vie de maman." A trois jours de la visite du président vénézuélien en France, Mélanie Betancourt reste donc très prudente : "Jusqu'à aujourd'hui, Chávez n'a pas dit qu'il disposait de preuves de vie, mais qu'il espérait bien apporter de “bonnes nouvelles” lors de sa venue mardi prochain. Mais je n'ose espérer qu'il arrive les mains vides. D'ordinaire, ce sont des vidéos, mais cette fois-ci, on n'est sûrs de rien."

Le sort des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), en particulier de la ressortissante franco-colombienne Ingrid Betancourt, sera au centre de la visite du chef d'Etat vénézuélien à Paris. Il devrait être reçu à déjeuner à l'Elysée par le président Nicolas Sarkozy. "Le président Chávez voudra sans doute informer Nicolas Sarkozy du résultat de ses efforts, et ils essaieront de voir comment faire avancer ce processus pour que cesse le calvaire enduré par les otages étrangers des Farc", a expliqué cette semaine le porte-parole de l'Elysée, David Martinon. Hugo Chávez a pris la tête, depuis trois mois, d'une médiation internationale qui vise à favoriser un échange d'au moins 45 otages détenus par les Farc, dont l'ex-candidate écologiste à la présidentielle, Ingrid Betancourt, contre 500 rebelles emprisonnés. Les Farc mènent une rébellion depuis 1964 contre les autorités en Colombie, où plus de 3.000 personnes sont retenues en otage par une guérilla forte de 17.000 hommes.

"Ce n'est pas rien, voire même essentiel"

L'initiative de Chávez est soulignée par Mélanie Betancourt : "C'est la première fois depuis l'enlèvement de maman qu'un chef d'Etat rencontre un représentant du secrétariat des Farc. Ce n'est pas rien, voire même essentiel !" Chávez pense également pouvoir rencontrer très prochainement le numéro un, Manuel Marulanda, contact qui serait le "déclencheur de l'échange des prisonniers". Une initiative qui a d'emblée déplu au président colombien Alvaro Uribe. Il a menacé, mardi, de lancer l'armée aux trousses de Marulanda et de le tuer s'il tentait de rencontrer Chávez.

Un cas de figure que n'ose même pas envisager la jeune Mélanie. "J'espère qu'il se rend compte qu'au contraire, c'est dans son intérêt de faire que les choses se dénouent enfin dans cette histoire d'otages, que cela arrête de le poursuivre. Je pense que la Colombie a besoin de savoir qu'on va pouvoir aller au-delà de ces problèmes qui durent et empoisonnent le pays depuis des années." La jeune fille reste néanmoins consciente que ce sera surtout le travail effectué par le président Nicolas Sarkozy avec les Américains qui garantira que le président Uribe fasse des concessions : "Il n'y a que comme ça qu'il se rendra compte que c'est son avantage aussi de voir les otages enfin libérés." Nicolas Sarkozy a fait de la libération d'Ingrid Betancourt, enlevée depuis le 23 février 2002, l'une de ses priorités.

Il est prévu que Mélanie et sa famille se rendent à l'Elysée, sans savoir encore aujourd'hui s'ils rencontreront Hugo Chávez. "Ce qui a manqué toutes ces années, conclut Mélanie Betancourt, c'était une volonté politique. Si Hugo Chávez s'est autant investi dans ce dossier, c'est sans nul doute le fait de Nicolas Sarkozy."

En attendant cette visite primordiale, le comité de soutien à la Franco-Colombienne ne désarme pas. Et donne rendez-vous aux citoyens aujourd'hui, à 15 heures, sur le parvis des Droits-de-l'Homme (Trocadéro) afin de rejoindre le mur de la Paix. La famille d'Ingrid Betancourt prendra bien sûr part à cette mobilisation exceptionnelle. Ainsi que les anciens otages Florence Aubenas, Jean-louis Normandin, et un certain nombre d'élus comme Denis Baupin ou Anne Hidalgo. Des personnalités comme Carla Bruni, Renaud ou encore Jorge Semprun seront également présentes.


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