Merkel, discours symbole à Israël
Publié le 18 mars 2008 à 23h40 par
La chancelière allemande Angela Merkel s'est exprimée mardi devant le Parlement israélien, une première pour un chef de gouvernement d'Outre-Rhin. Son discours, globalement bien accueilli, a clos une visite de trois jours à l'occasion des soixante ans de la création de l'Etat hébreu. Elle y a insisté sur la garantie de la sécurité du pays et sur la "honte" naturelle de la Shoah.

Angela Merkel, porteuse de symbole devant le Parlement israélien. (Reuters)
La visite d'Angela Merkel en Israël s'est conclue sur un événement historique. La chancelière s'est exprimée très officiellement devant la Knesset, le Parlement israélien. Il s'agit d'une première pour un chef de gouvernement allemand, à la symbolique évidemment forte au regard du passé. Quelques-uns ont d'ailleurs manifesté leur opposition à sa venue, cinq parlementaires ayant boycotté son discours parce qu'elle allait parler en allemand. Mais les 115 autres membres de la Knesset ont écouté, puis applaudi la chancelière allemande, qui a eu des mots forts en direction d'Israël.
Forts parce qu'elle en a adressé quelques-uns en hébreu. "C'est pour moi un grand honneur de vous parler dans cette honorable assemblée", a-t-elle dit dans la langue des Juifs au début de son intervention. "Je vous remercie tous de m'autoriser à vous parler aujourd'hui dans ma langue maternelle", a-t-elle poursuivi en allemand. Au lendemain de sa visite au mémorial de la Shoah à Yad Vashem, la première dirigeante allemande a être née après la Seconde Guerre mondiale a mis toute l'humilité possible dans la posture de son pays face à ses hôtes. "La Shoah nous remplit tous de honte, nous, Allemands", a-t-elle dit en employant le mot hébreu pour désigner l'Holocauste, soulignant que tout chancelier ressentait "la responsabilité historique" de l'Allemagne envers la sécurité d'Israël.
L'Iran au coeur des préoccupations
Ainsi a-t-elle aussi mis de la force dans son propos en consacrant une longue partie de celui-ci à l'Iran. Car le dossier nucléaire iranien est, outre les relations avec l'Autorité palestinienne voisine, celui qui préoccupe sans doute le plus Israël, le président de la République islamique ayant souhaité publiquement que l'Etat hébreu soit "rayé de la carte". "Les menaces que lance le président de l'Iran contre Israël et le peuple juif sont sans aucun doute un sujet d'inquiétude particulier", a-t-elle affirmé. "Ses calomnies répétées et le programme nucléaire iranien mettent en péril la paix et la sécurité." Si l'Iran se défend de vouloir produire autre chose que de l'électricité, les puissances occidentales le soupçonnent de vouloir se doter de l'arme atomique, et ont déjà adopté des sanctions. Merkel a dit qu'elle soutiendrait toujours ces sanctions en l'absence de solution diplomatique, rappelant qu'il revenait à Téhéran de prouver qu'il n'avait pas d'objectif militaire. Elle n'aura plus besoin de prouver son amitié à Israël, après ce discours retransmis sur deux chaînes locales et trois en Allemagne. En concluant, elle n'a pas oublié de féliciter ses hôtes pour "les commémorations du 60e anniversaire de l'Etat d'Israël", occasion, là encore symbolique, de sa venue. "Shalom", a-t-elle dit enfin, s'interrompant sous des applaudissements nourris.
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