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Nucléaire: L'Iran joue la montre

Publié le 19 juillet 2008 à 21h35 par

La réponse tant attendue de Téhéran sur les propositions des "Six" visant à dénouer les fils du dossier nucléaire iranien, n'est pas venue samedi. La République islamique a désormais quinze jours pour donner des gages de bonne volonté, faute de quoi elle pourrait s'exposer à de nouvelles sanctions. Pour Washington, Téhéran doit désormais choisir entre la confrontation et la coopération.

Sourires de rigueur pour Javier Solana et le négociateur iranien, Saeed Jalili, alors que les négociations sur le nucléaire piétinent. - Reuters
Sourires de rigueur pour Javier Solana et le négociateur iranien, Saeed Jalili, alors que les négociations sur le nucléaire piétinent. (Reuters)


Coup d'arrêt au processus "gel contre gel" dans le dossier du nucléaire iranien. En juin, les "Six" - les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne – proposaient à Téhéran de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, en échange de quoi ceux-ci s'engageaient à geler tout nouveau train de sanctions contre la République islamique. La réponse de l'Iran était attendue ce samedi, à Genève, où se retrouvaient les représentants des "Six" ainsi que le négociateur iranien en chef, Saeed Jalili. Pour l'occasion, le numéro trois du département d'Etat américain, William Burns, s'était même déplacé en Suisse, marquant un infléchissement de la politique américaine dans ce dossier.

Mais la réponse n'est pas venue. Une fois encore, Téhéran a entretenu le doute, multipliant les déclarations floues, voire catégoriques. En début d'après-midi, l'ambassadeur iranien à Berne, Keyvan Imani, a fait savoir qu'il n'y avait "aucune chance" pour que Téhéran suspende ses activités d'enrichissement d'uranium, mesure pourtant posée comme condition des négociations par les Six. Même son de cloche quelques heures plus tard. Saeed Jalili a exclu cette question des prochaines négociations, déclarant: "Nous discuterons seulement des points de convergence au sein de l'ensemble des mesures proposées." Depuis le début de la crise, l'Iran, qui fait déjà face à trois trains de sanctions adoptés à l'ONU, affirme que son programme nucléaire a pour unique visée la production d'électricité, mais l'Occident le soupçonne de vouloir se doter de l'arme atomique.

"Pas de réponse claire"

Embarrassé par ces propos qui empêchent toute avancée, le Haut représentant de l'Union européenne, Javier Solana, a tout de même estimé que la discussion avait été "constructive". Il a toutefois reconnu que les Six n'avaient "pas eu de réponse claire, ni de 'oui', ni de 'non'" quant à leurs propositions. Les six grandes puissances ont donc décidé d'accorder un nouveau délai à la République islamique. "J'espère obtenir une réponse à cela et à d'autres questions dans un délai de deux semaines", a ainsi précisé Javier Solana. Interrogé sur le vote d'un nouveau train de sanctions à l'encontre de Téhéran en cas de statu quo après ce nouveau délai, le diplomate a répondu: "Les Iraniens savent très bien ce qui continuera à se passer si rien ne change."

Une position partagée par Washington, qui a mis la pression sur Téhéran samedi soir. Pour le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, le choix est clair: "Nous espérons que le peuple iranien comprend que ses dirigeants doivent choisir entre la coopération, qui bénéficierait à tous, et la confrontation, qui ne peut mener qu'à un isolement plus prononcé." Aux Etats-Unis, l'attitude du négociateur iranien samedi est vécue comme un échec de la "nouvelle" politique américaine dans ce dossier. En envoyant le numéro trois de son administration, la Maison blanche pensait envoyer un signal positif à Téhéran. Cela n'a vraisemblablement pas fonctionné. Keyvan Imani a ainsi estimé qu'il s'agissait juste d'un "membre de la délégation" occidentale. Un désintérêt qui apporte de l'eau au moulin des tenants d'une ligne dure à l'égard de Téhéran, qui avaient vu d'un mauvais oeil ce revirement stratégique. Dont ceux qui chantent "Bomb, bomb, bomb, bomb, bomb Iran" sur un air des Beach Boys.

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