Ossétie: De mal en pis
Publié le 09 août 2008 à 10h55 par
La situation se dégrade à vue d'oeil en Ossétie du Sud. Au lendemain du lancement de l'opération militaire menée par la Géorgie pour reprendre le contrôle de la province, aggravée par la réponse militaire russe, le bilan du conflit tripartite est d'un millier et demi de morts, et la loi martiale devrait être instaurée. Tbilissi va par ailleurs rapatrier ses 200 soldats basés en Irak.

La ville géorgienne de Gori fait partie de celles déjà complètement dévastées par le conflit . (Reuters)
Environ 1500 morts, la Géorgie officiellement "en état de guerre" et la loi martiale bientôt décrétée. En deux jours, le bilan du conflit qui a éclaté vendredi en Ossétie du Sud est effrayant. A l'origine, une opération menée par la Géorgie pour mettre fin aux bombardements des séparatistes ossètes sur son territoire. Des affrontements qui ont pris des allures de guerre ouverte dès lors que la Russie qui a toujours soutenu l'Ossétie du Sud dans sa démarche sécessionniste - s'est immiscée dans le conflit. Tbilissi et Moscou se disputent depuis le contrôle de la province. Si le premier affirme avoir le contrôle de Tskhinvali, capitale sud-ossète et point central des combats, le second vient au contraire de déclaré avoir "libéré" cette ville.
D'un côté, la Géorgie accuse la Russie d'agresser ouvertement son territoire. "Ce que la Russie est en train de faire en Géorgie constitue une agression ouverte et non-dissimulée ainsi qu'un défi à l'ensemble de la communauté internationale", a lancé le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili. Selon Tbilissi, Moscou a bombardé des bases aériennes, son port de Poti sur la mer Noire et dépêché des blindés et des troupes en Ossétie du Sud en renfort de son contingent de maintien de la paix. Un journaliste de Reuters a par ailleurs vu un avion de combat russe larguer une bombe sur un immeuble résidentiel de la ville géorgienne de Gori, située à une cinquantaine de kilomètres de Tskhinvali. Au moins cinq personnes ont péri dans l'explosion, samedi.
Moscou dit mener une "opération de maintien de la paix"
De son côté, l'armée russe, qui a reconnu samedi que deux de ses avions de combat avaient été abattus par les forces géorgiennes, mais dément avoir "bombardé des populations civiles", affirme ne mener qu'une simple opération de "maintien de la paix", et a déjà prévu d'envoyer des troupes supplémentaires. "Nos soldats de la paix et nos unités venues en renfort mènent actuellement une opération destinée à contraindre la partie géorgienne à accepter la paix", a déclaré le président russe, Dmitri Medvedev. "Ils ont également la responsabilité de protéger la population. C'est ce que nous faisons en ce moment", a-t-il assuré, selon les propos rapportés par les agences de presse russes. Moscou accuse par ailleurs l'Ukraine d'encourager la Géorgie à mener un nettoyage ethnique en Ossétie du Sud en fournissant des armes à Tbilissi.
Au regard de la détérioration du conflit, le colonel Bondo Maisuradze, commandant du contingent géorgien, a par ailleurs décidé de rapatrier ses troupes actuellement déployées en Irak. Quelque 2000 soldats, qui "regardent tous la télévision", et "veulent rentrer à la maison au plus vite, pour aider les [leurs] à se défendre contre les ennemis", raconte le colonel, vont donc rentrer. "Nous attendons maintenant les Etats-Unis, qui assurent notre transport", a-t-il précisé. Quant au président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, il devrait bientôt instaurer la loi martiale, qui confie la restauration de la sécurité à l'armée.
Blocage au conseil de sécurité de l'ONU
Depuis vendredi, les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu se sont multipliés. Les Etats-Unis ont notamment dit "déplorer" les opérations militaires russes, qui "violent", selon eux, "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie". La présidence française de l'Union européenne a pour sa part fait savoir que des émissaires des Etats-Unis, des Vingt-Sept et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) allaient se rendre en Géorgie dans le cadre d'une mission conjointe visant à rétablir le calme.
Ce n'est en revanche pas en comptant sur une résolution des Nations unies que l'on peut espérer parvenir à une accalmie. Si les membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont réunis deux fois en 24 heures, inutile de dire qu'ils n'ont pas réussi à s'entendre sur les mesures à prendre. Moscou faisant partie des membres permanents, il dispose en effet d'un droit de veto...
Copyright 2008 © leJDD.fr
Articles sur le même thème
Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.
Les discussions les plus actives
- Pour ou contre l'hébergement forcé des SDF ?
- Le PS est-il un panier de crabes ?
- Martine Aubry nouvelle secrétaire du parti socialiste !
- Pour ou contre le retour de Noir Désir ?
- Le Beaujolais nouveau a-t-il un goût de banane ou de fruits rouges ?
- L'adoption par les couples homosexuels en question
- PS : ça sent pas la rose !
- Journée de la gentillesse : quel sera votre geste gentil aujourd'hui ?

Il n'y a pas de commentaires pour le moment.