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Paris-Pékin: Regain de tension

Publié le 09 juillet 2008 à 23h00 par

Peu après l'annonce de la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des JO, Paris s'est trouvé engagé mercredi dans une nouvelle épreuve de force avec Pékin. L'ambassadeur de Chine a menacé Paris de représailles mardi soir, devant un groupe de journalistes, si le président français persistait à vouloir rencontrer le dalaï-lama. Bernard Kouchner a convoqué l'ambassadeur mercredi après-midi.

Bernard Kouchner a rapidement convoqué l'ambassadeur de Chine pour des explications. - Reuters
Bernard Kouchner a rapidement convoqué l'ambassadeur de Chine pour des explications. (Reuters)


Des représailles économiques de la part de la Chine. Selon Kong Quan, l'ambassadeur chinois à Paris, c'est ce que risque la France si Nicolas Sarkozy rencontre le dalaï-lama, attendu en France du 12 au 23 août. Une menace qui a conduit le ministère des Affaires étrangères à convoquer Kong Quan dans l'après-midi pour ces propos tenus mardi soir devant un groupe de journalistes français.

Politesses

Après le fiasco du passage de la flamme olympique à Paris lié à la crise du Tibet, les relations franco-chinoises restent encore très tendues. Selon le porte-parole du Quai d'Orsay, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner à déclaré à l'ambassadeur chinois que la France "déterminait son attitude en toute indépendance et en rejetant les pressions d'où qu'elles viennent". L'ambassadeur "a confirmé au ministre que le président de la République française était le bienvenu à Pékin et, interrogé par le ministre, qu'il y était invité sans conditionnalité", a-t-il précisé. Cet échange courtois ne change pas pour autant la position de Pékin. En effet, après l'entretien, l'ambassadeur a réitéré ses propos: selon lui, son pays est "fermement opposé" à toute entrevue entre le président français et le dalaï-lama. Il n'a toutefois plus évoqué les "conséquences graves" mentionnées la veille. "Il ne faut pas s'ingérer dans les affaires intérieures d'un pays, en l'occurrence du mien dans cette affaire", a martelé Kong Quan.

Le PS très critique

Alors que Nicolas Sarkozy rencontrait Hu Jintao en marge du sommet du G8 du Japon, l'opposition en France a aussitôt critiqué la décision de l'Elysée. Le premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande, a estimé que le président français avait "cédé aux pressions chinoises". Dans un communiqué, le PS a demandé à Nicolas Sarkozy de "recevoir le dalaï-lama au cours de sa visite en France". A l'inverse, le vice-président de l'UMP, Jean-Pierre Raffarin, a déconseillé à Nicolas Sarkozy de recevoir lui-même le dalaï-lama. "Je pense que ce n'est pas au président de la République de le recevoir. Une autre personnalité, peut-être, peut le recevoir", a dit l'ex-Premier ministre sur la chaîne Public Sénat.

Au Parlement européen, le chef de file des Verts, Daniel Cohn-Bendit, a parlé de "scandale", mais son indignation n'a guère été relayée. Nicolas Sarkozy veut éviter une fronde des eurodéputés devant lesquels il doit s'exprimer jeudi: pour mieux les ménager, le président français n'a toujours pas fait connaître ses intentions à propos d'une rencontre avec le dalaï-lama. En mars, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, n'avait pas exclu qu'une rencontre ait lieu. Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy "prendra sa décision le moment venu et en fonction de l'évolution de la situation".

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