Ajax-loader-form

Russie: Kouchner monte au front

Publié le 27 août 2008 à 13h27 par Laura ADDA

La tension monte entre la Russie et les puissances occidentales. Pour le ministre français des Affaires étrangères, Moscou est "hors la loi internationale". Bernard Kouchner va loin dans ses propos, l'accusant même de "se préparer à un nettoyage ethnique". Craignant une nouvelle guerre froide, assumée par le Kremlin, il souhaite que le plan de paix ne soit pas remis en cause.

Bernard Kouchner a accusé mardi la Russie d'être ''<i>hors-la-loi internationale</i>''. - Reuters
Bernard Kouchner a accusé mardi la Russie d'être ''hors-la-loi internationale''. (Reuters)


Il connaît bien son sujet et veut se faire entendre. A l'instar des puissances occidentales, le ministre français des Affaires étrangères a condamné mardi la décision russe de reconnaître l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud comme des Etats indépendants. "Nous ne pouvons pas accepter ces violations de tout le droit international, des accords de sécurité et de coopération en Europe, des résolutions des Nations unies et la prise, pour la première fois depuis longtemps, d'un territoire par une armée d'un pays voisin", a-t-il déclaré mercredi sur Europe 1, avant d'ajouter que "les 27 vont évidemment réagir" au sommet extraordinaire de Bruxelles, le 1er septembre prochain. Rejoignant directement le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, il a d'abord estimé la Russie "hors la loi internationale", ajoutant que "ce n'est pas seulement l'avis de l'Union européenne". Et ses propos se sont fait nettement accusateurs. "Il y a d'autres objectifs que l'on peut supposer être les objectifs de la Russie, en particulier la Crimée, l'Ukraine, la Moldavie", a-t-il affirmé.

"La Russie se prépare à un nettoyage ethnique"

Invité mardi soir au 20 heures de France 2, il a suspecté la Russie de se "préparer à un nettoyage ethnique" en Ossétie du Sud. "Ça, c'est la carte de l'Ossétie. Ici, il y a une ville qui s'appelle Akhalgori", a-t-il expliqué, faisant référence à une ville de 8000 habitants située au nord-ouest de la capitale géorgienne, Tbilissi. Cette ville, qui était intégrée à l'Ossétie jusqu'à l'autonomie de la province en 1990, est passée sous contrôle des milices sud-ossètes après l'entrée des Russes en Géorgie. "On dit que cette nuit (celle de mardi à mercredi, ndlr), les troupes russes vont pousser devant eux les populations géorgiennes vers la Géorgie pour que ce bout d'Ossétie soit homogène", a-t-il prédit. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a en effet confirmé ses propos. Citant des déplacés, il a indiqué que des groupes armés agissaient dans la zone tampon contrôlée par les "soldats de maintien de la paix" russes, et contraignaient les habitants à fuir.

Le chef de la diplomatie française, ancien administrateur civil et haut représentant des Nations unies pour le Kosovo a affirmé mercredi que "les conflits dans le Caucase sont des conflits extrêmement durs", ajoutant que "pendant des siècles, on s'est affronté". Malgré ses accusations, et son expérience dans l'"ingérence humanitaire", il prône une "solution politique". Il affirme que "cela va empirer, c'est une situation extrêmement dangereuse", avant d'ajouter qu'"il va falloir vingt ans pour régler ce conflit". Bernard Kouchner a déclaré qu'il craignait une guerre, tout en concédant que "si elle n'est que froide, ce n'est pas grave". Pour lui, il ne faut pas remettre en cause la valeur du plan de paix, négocié par la France.

Ces annonces semblent pourtant en conformité avec celles du président russe, Dmitri Medvedev. Si ce dernier a affirmé ne pas craindre une nouvelle guerre froide, il a ajouté être toujours lié par ses engagements pris dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu avec Tbilissi. De quoi rassurer, un temps, le résident du Quai d'Orsay.


Il n'y a pas de commentaires pour le moment.

Écrire un commentaire

Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.