Saakachvili inflexible à la rue
Publié le 05 novembre 2007 à 12h17 par
En bute à une intense contestation populaire, le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, n'entend pas céder au "chantage" d'élections anticipées. Il met en cause Moscou, qu'il soupçonne de piloter en sous main les manifestations. Et l'état-major géorgien a fait savoir que des avions militaires russes avaient violé l'espace aérien du pays. La situation s'envenime en Géorgie.

Les partisans de l'opposition n'ont pas obtenu gain de cause. (Reuters)
Trois jours de manifestations dans les rues de Tbilissi ne feront pas plier Mikhaïl Saakachvili. D'autant que le président géorgien estime que les 100 000 personnes descendues dans les rues depuis vendredi sont, à tout le moins, manipulées par la Russie. Lors de son premier discours depuis le début de la contestation, l'ancien leader de la révolution des Roses a dénoncé "une campagne de mensonges". "Considérez le fait que cette situation à lieu à la veille d'élections en Russie, et le but de fomenter le désordre dans le pays est aussi clair que le jour", a-t-il asséné dans une déclaration à la télévision.
L'opposition crie également à la manipulation, mais cette fois, du calendrier électoral. En effet, l'an dernier le parlement a approuvé la proposition présidentielle de reculer à l'automne 2008 les élections législatives qui devaient se tenir au printemps prochain. Et d'avancer dans le même temps le scrutin présidentiel, prévu pour janvier 2009, pour l'organiser en même temps que les législatives. Pour le parti de l'opposition, Saakachvili opérerait ces changements pour se présenter devant les électeurs, avant que sa côte de popularité ne baisse. Elle souhaite la tenue d'élections anticipée au printemps 2008.
Le mouvement de contestation pourrait s'étendre à d'autres villes
Le président géorgien a rejeté cette demande et affirmé: "Nous ne cèderons pas aux forces obscures. Personne ne peut nous soumettre à un chantage", a-t-il dit. "S'il croit que nous arrêterons tout ça, il a tort", a déclaré Tina Khidacheli, du parti républicain d'opposition. Devant la réponse inflexible du président – au grand dam de ses propres soutiens qui souhaitaient un compromis -, la rue s'est radicalisée et demande désormais la démission de Saakachvili.
Dans le même temps, l'état-major géorgien a fait savoir lundi que l'espace aérien du pays avait été violé par trois avions militaires russes dimanche. Selon le général Zaza Gogava, les appareils russes ont survolé pendant moins d'une minute et sur trois kilomètres le territoire de l'ancienne république soviétique du Sud-Caucase. Moscou, de son côté, dément. "Compte-tenu de la situation actuelle en Géorgie, tous les vols militaires font l'objet de contrôle très stricts", a expliqué un porte-parole militaire, le colonel Alexandre Drobichevskiy. Les relations entre les deux pays sont très tendues depuis un an, notamment en raison d'un contentieux portant sur une affaire d'espionnage. L'opposition prévoit de nouvelles manifestations dans la soirée, qui outre Tbilissi, pourraient s'étendre dans plusieurs autres villes du pays.
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