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Sarkozy: "Une dette éternelle" envers les Etats-Unis

Publié le 07 novembre 2007 à 17h58 par

Nicolas Sarkozy l'a encore dit devant le Congrès américain: "La France est l'amie de l'Amérique". Le président a mis l'accent sur les valeurs partagées, la liberté et la démocratie, et la "dette éternelle" après les deux guerres mondiales. Dans un discours convenu et très applaudi, il a aussi parlé d'économie, de défense et de lutte contre le terrorisme. Mais pas de l'Irak.

Nicolas Sarkozy a beaucoup insisté sur la libération de la France par les Américains. - Reuters
Nicolas Sarkozy a beaucoup insisté sur la libération de la France par les Américains. (Reuters)
Nicolas Sarkozy l'a encore dit devant le Congrès américain: "La France est l'amie de l'Amérique". Le président a mis l'accent sur les valeurs partagées, la liberté et la démocratie, et la "dette éternelle" après les deux guerres mondiales. Dans un discours convenu et très applaudi, il a aussi parlé d'économie, de défense et de lutte contre le terrorisme. Mais pas de l'Irak.

Des salves d'applaudissements répétées et, en retour, les louanges d'un pays auquel la France voue une "gratitude définitive". Le discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès américain, un honneur peu fréquent pour un chef d'Etat étranger, n'a pas surpris. Celui qui se réclame "l'ami" de l'Amérique a tâché de caresser les parlementaires étasuniens dans le sens du poil; eux le lui ont bien rendu, en l'accueillant comme rarement, au prix d'une standing-ovation. Le décor est planté. Les premiers mots du président français confirment la position qu'il a exprimée à de nombreuses reprises depuis qu'il a conquis l'Elysée. "La France est l'amie de l'Amérique. Je ne suis que l'expression du peuple de France. Les amis, on est à leurs côtés, on les soutient."

Pendant près de trois quarts d'heure, Nicolas Sarkozy s'adresse aux valeurs de l'Amérique –liberté, démocratie – que la France partage depuis Washington et La Fayette. "Ce sont deux Nations fidèles à un même idéal, aux mêmes principes, aux mêmes valeurs", dit-il. Puis il se lance dans une longue évocation de l'histoire commune. Il y a donc les deux "pères" des Etats-Unis, rapprochés par "le même amour de la liberté et de la justice" ; l'arrivée de l'Amérique sur la scène internationale, qui ouvre "une ère nouvelle pour l'humanité tout entière" ; le "rêve américain" qui "dès le départ va mettre en pratique ce que le Vieux monde avait rêvé", en l'occurrence, "cette capacité à donner à chacun une nouvelle chance", pour peu qu'il ait "du courage et du talent".

L'Amérique de John Wayne et Martin Luther King

Et puis il y a les guerres, et la libération de la France. Nicolas Sarkozy le concède, du haut de ses 52 ans, il n'a pas connu la guerre. Mais "les hommes et les femmes de ma génération ont entendu leurs pères raconter", ont vu "les croix blanches" des cimetières où "dorment" les soldats américains. Le discours n'échappe pas à cette règle qui fait citer au président les meilleurs orateurs, et c'est Dwight Eisenhower qui a cet honneur: "Les yeux du monde sont fixés sur nous." La phrase est lourde de sens, car aujourd'hui encore, les yeux du monde sont fixés sur les Etats-Unis, première puissance mondiale. Et ceux du chef de l'Etat particulièrement : "Mon devoir, c'est de dire que la gratitude de la France est définitive" ou encore : la "dette" de la France est "éternelle". Mieux, il assure penser à ce que les Etats-Unis ont fait pour la France chaque fois qu'un soldat américain tombe au combat.

Nicolas Sarkozy l'a souvent dit, et le répète. "On peut avoir des divergences, des désaccords, des disputes, comme dans une famille." Mais ce mercredi, celui qui veut être un ami loyal sans être un vassal ne met que peu l'accent sur les sujets qui fâchent. Il glisse un mot sur la faiblesse du dollar, qui nuit selon lui à l'économie française, parle du réchauffement climatique, et appelle "l'Amérique des parcs nationaux" à prendre "la tête de ce combat". Il insiste un peu plus longuement sur l'Europe de la défense, qui doit se construire, pour que la France reprenne toute sa place dans l'Alliance atlantique. Mais ces quelques points ne pèsent que peu dans sa bouche, à côté des positions communes.

Dans "la guerre contre le terrorisme (...) l'échec n'est pas une option [et] l'Amérique peut compter sur la France" ; un Iran nucléaire reste "inacceptable" ; la France "ne transigera pas sur la sécurité d'Israël et demande un Etat palestinien", comme l'espèrent les Etats-Unis. Et puis il y a le 11 septembre 2001, et la France qui s'est trouvée "pétrifiée d'horreur". "Jamais l'Amérique n'est apparu si forte, si grande", dit le président. "Dès le premier jour, la France décida de participer à la guerre en Afghanistan. Et la France restera engagé aussi longtemps qu'il le faudra", martèle-t-il. Mais si la solidarité post-11 septembre est toute légitime, Nicolas Sarkozy ne mentionne pas cet événement des plus controversés: l'invasion de l'Irak, en 2003, à laquelle la France s'était opposée avec force. Cela, Nicolas Sarkozy n'en parle pas. Il préfère la force "spirituelle" de l'Amérique de Martin Luther King, celle d'Elvis Presley, Marilyn Monroe, John Wayne et, bien sûr, de Neil Armstrong, l'homme qui a marché sur la Lune. Nicolas Sarkozy veut être "un ami debout, un allié indépendant, un partenaire libre". Et cache de moins en moins qu'il aspire au rêve américain.


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