Sierra Leone: Taylor enfin jugé
Publié le 07 janvier 2008 à 14h24 par
Après avoir été suspendu pendant plus de six mois, le procès de l'ex président libérien, Charles Taylor, s'est ouvert lundi, devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, à La Haye (Pays-Bas). Jugé pour les crimes commis durant la guerre civile (de 1991 à 2002), il est le premier ancien chef d'Etat africain à répondre de ses actes devant un tribunal international.

Charle Taylor est jugé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone. (Reuters)
Evénement à La Haye. Le procès de Charles Taylor, ancien président du Libéria, s'est ouvert lundi devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), après avoir été reporté en juin à la demande de ses avocats. Ce procès est d'autant plus important qu'il est symbolique. Il représente en effet la fin de l'impunité des autocrates d'Afrique, car Charles Taylor est le premier ex-chef d'Etat à comparaitre devant un tribunal international. Le TSSL a été mis en place en 2002 et est soutenu par les Nations unies.
Charles Taylor, qui plaide non-coupable, est accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis durant la guerre civile qui a ensanglanté la Sierra Leone entre 1991 et 2002. Il aurait notamment collaboré avec les rebelles du Front révolutionnaire uni - qui ont commis les pires atrocités durant le conflit, sans ménager les civils – et leur aurait fourni des armes en échange de diamants. Au total, onze chefs d'inculpation pèsent contre lui - dont meurtre, viol, terrorisme, pillage, humiliation, esclavagisme, recrutement d'enfants-soldats...
Les diamants au coeur du conflit
Le premier témoin, Ian Smillie, a été appelé à la barre. Il s'agit d'un spécialiste du trafic de diamant en Afrique en temps de guerre, souvent utilisé comme moyen de financement, et au coeur du conflit en Sierra Leone. Il devrait être suivi par une victime des cruautés des rebelles, puis par un Libérien considéré comme proche de l'accusé.
Le procès devait débuter en juin dernier mais avait été ajourné à la demande des avocats de Charles Taylor. Ceux-ci souhaitaient disposer de plus de temps pour préparer la défense de leur client, dans un dossier jugé compliqué. Il doit durer jusqu'en 2009 et entendre 144 personnes. S'il est condamné, l'ancien leader purgera probablement sa peine en Grande-Bretagne, dans le cadre d'un accord visant à préserver la stabilité du Libéria, où Charles Taylor dispose de nombreux défenseurs.
Président de 1997 à 2003, l'accusé a vécu pendant trois ans en exil au Nigeria qui, sous le joug de la pression internationale, a fini par le livrer à la justice. Depuis, Charles Taylor était incarcéré au Centre de détention de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye, aux Pays-Bas.
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