Tchad: Arrestations en cascade
Publié le 27 octobre 2007 à 16h53 par
La polémique provoquée par l'action de l'Arche de Zoé ne finit pas d'enfler. Après l'arrestation au Tchad des responsables français, sept Espagnols, membres de l'équipage de l'avion qui devait ramener 103 enfants supposés orphelins en France, ont été placés en garde à vue samedi. Tandis que leur retenue a été prolongée de 48 heures, Paris a décidé d'ouvrir une cellule de crise.

Les intentions réelles de l'Arche de Zoé continuent de faire polémique. (Maxppp)
Rama Yade se voit confier un gros dossier. La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme et aux Affaires étrangères a été chargée par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, de diriger une cellule de crise, dans l'affaire des enfants tchadiens. Le chef de la diplomatie française a contacté le président tchadien Idriss Déby afin de lui manifester sa "solidarité avec les enfants concernés par cette opération comme avec la population tchadienne et les autorités de ce pays", peut-on lire sur un communiqué du ministère. Dans le même temps, les interpellations se poursuivent.
Après avoir arrêté neuf Français, soupçonnés d'enlèvement et de trafic d'enfants, les autorités du pays ont également arrêté les membres de l'équipage de l'avion qui devait ramener 103 enfants africains en France, sous la houlette de l'association l'Arche de Zoé. Samedi matin, sept Espagnols ont été placés en garde à vue. Le même jour, les autorités ont annoncé la prolongation de leur retenue de 48 heures. Le temps pour les hauts responsables de la région de se prononcer sur leur éventuelle inculpation.
Arrivé vendredi à Abéché, dans l'est du Tchad, le président Idriss Déby a rendu visite aux enfants, âgés de un à huit ans, pris en charge par les autorités. "Choqué", le chef de l'Etat a affirmé qu'il punirait "sévèrement" les responsables de cette action polémique. "Tous ceux qui sont impliqués seront punis", a-t-il prévenu. Selon le président d'Unicef France, Jacques Hintzy, qui s'exprimait sur RTL samedi matin, la majorité des enfants ont "bien récupéré". Vendredi soir, bon nombre d'entres eux étaient en larmes, la télévision tchadienne ayant diffusé les images de la visite du président.
Une "action illégale"
"Aucun (enfant) n'est blessé", a poursuivi Jacques Hintzy, faisant allusion aux pansements que les intervenants de l'Arche de Zoé leur avaient mis "pour faire croire à une évacuation sanitaire". Et d'ajouter qu'ils n'étaient probablement pas orphelins, contrairement à ce que l'ONG clame jusque là . Les 48 enfants interrogés "sont tous tchadiens. Notre impression, c'est que la majorité ne sont pas orphelins", a-t-il conclu. Des membres de l'Unicef devraient se rendre dans les villages évoqués pour tenter de retrouver parents éventuels ou famille.
En attendant une clarification de la situation, la polémique enfle et chacun se renvoie la balle. Le porte-parole de L'Arche de Zoé, Christophe Letien, ne veut rien entendre : "Nous avions des attestations du Soudan précisant que les enfants étaient orphelins", a-t-il déclaré vendredi. En France, l'affaire a fait l'effet d'une bombe. Car si l'Etat a reconnu avoir eu connaissance des intentions de l'organisation – procédures d'adoption- , Paris a fortement condamné la démarche. La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade, a dénoncé une "action illégale" et "immorale". "Ils l'ont menée de manière clandestine, sans avoir prévenu personne, c'est-à -dire sans l'aval des autorités françaises". Les intentions réelles de l'association interpellent, certains crient à la machination d'autres, comme les familles qui attendaient à l'aéroport le retour de l'avion et la venue des enfants, à une action humanitaire menée de bonne foi.
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