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Tchad: La France prend position

Publié le 06 février 2008 à 20h08 par

En moins d'une semaine, la neutralité de Paris envers le président tchadien Idriss Déby est devenue bienveillante avant de laisser la place à un soutien explicite. Mercredi, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, s'est rendu à N'Djamena afin d'afficher cet appui politique. Tout en niant une intervention militaire dont les rebelles accusent Paris.

Hervé Morin a affiché son soutien à Idriss Déby à N'Djamena. - Reuters
Hervé Morin a affiché son soutien à Idriss Déby à N'Djamena. (Reuters)


Hervé Morin était ce mercredi à N'Djamena. Un visite surprise, parce qu'elle n'était pas annoncée, mais surtout parce qu'elle arrive après une semaine pendant laquelle la position de la France a évolué. Le ministre de la Défense s'est rendu dans la capitale du pays pour porter "un message de soutien au président Déby". Samedi, le même ministre affirmait: "Nous continuons à rester neutre dans ce combat." Une neutralité relativisée dès le début de la crise.

La France tente effectivement de garder depuis une semaine une position d'équilibriste. Au fil des événements, Paris s'est senti de plus en plus à l'aise dans le soutien du président Idriss Déby. Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, a commencé dès samedi à nuancer la neutralité de son collègue Morin en affirmant que Paris soutenait le pouvoir légal, alors que le chef de l'Etat tchadien était reclus dans son palais présidentiel, cerné par les rebelles.

Une intervention militaire?

Si le soutien politique s'est renforcé au fil des jours, Paris a toujours nié intervenir sur le terrain. Les rebelles accusent l'aviation française d'avoir pilonné leurs positions. "Notre gros handicap, c'est l'armée française, ce n'est plus Idriss Déby. Aujourd'hui, nous serions prêts à chasser Déby, sans la France", a déclaré mardi soir Mahamat Nouri, chef de file de L'union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), l'une des factions rebelles, interrogé sur Radio France Internationale (RFI).

Le pas supplémentaire que vient de franchir Hervé Morin en se rendant à N'Djamena rapproche-t-il la France d'une intervention militaire? Un accord de coopération lie les deux pays, avec notamment la mission Epervier depuis 1986. L'armée française assure s'en tenir aux aides logistiques, médicales et de renseignements prévues dans ce cadre. Mardi, Nicolas Sarkozy n'a pas fermé la porte à une intervention plus appuyée. "Si la France doit faire son devoir, elle le fera", avait averti le président. Paris avait même poussé pour que l'ONU adopte lundi une déclaration non contraignante soutenant Idriss Déby.

Mercredi, Hervé Morin a donc franchi le pas. "Il y a eu une tentative de coup de force, c'est bien cela dont il s'agit", a déclaré le ministre au micro de France Inter. "Il me semble assez naturel que la France puisse apporter son soutien à un gouvernement légitime au Tchad". "Pour l'instant, nous n'avons pas de nouvelles attaques prévisibles. On vient de faire un point d'opération, il y a en effet une colonne de soutien qui est en route mais elle se déplace lentement", a ajouté le ministre de la Défense. "Cela nous laisse un peu plus de marge de manoeuvre pour pouvoir éventuellement opérer". Selon Bernard Kouchner, une centaine de véhicules rebelles seraient regroupés à l'est de N'Djamena. Idriss Déby affirme pourtant avoir le contrôle non seulement de la capitale, mais du pays tout entier. Il ne devrait toutefois pas repousser un soutien renforcé de Paris.


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