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Tibet: L'Espagne juge Pékin

Publié le 05 août 2008 à 17h48 par

A trois jours de l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, la justice espagnole s'est déclarée compétente, mardi, pour instruire une plainte pour génocide et crimes contre l'humanité déposée par trois associations pro-tibétaines contre sept responsables politiques et militaires chinois. Elles accusent Pékin de persécuter cette population depuis les émeutes de la mi-mars.

Liang Guanglie fait partie de ceux qui vont être jugés par Madrid pour génocide. - Reuters
Liang Guanglie fait partie de ceux qui vont être jugés par Madrid pour génocide. (Reuters)


Sept responsables chinois sont accusés de génocide et crimes contre l'humanité...par la justice espagnole. En vertu du principe de "compétence universelle" applicable en Espagne, l'Audience nationale, le tribunal espagnol chargé de ce type de dossiers, s'est déclaré compétente mardi pour instruire une plainte déposée par le Comité de soutien au Tibet (CAT) et deux autres associations de protection des Tibétains à l'encontre de ces personnalités politiques et militaires, incluant le ministre chinois de la Défense Liang Guanglie, le ministre de la Sécurité de l'État Geng Huichang, ou encore le responsable du Parti communiste chinois au Tibet Zhang Qingli.

Depuis 2005, la justice espagnole se juge compétente en cas de génocide ou crimes contre l'humanité touchant n'importe quel pays, au motif que "le principe de juridiction universelle prime sur l'existence ou non d'intérêts nationaux". Ce principe est inscrit à l'article 607 bis du Code pénal. En l'occurrence, le juge a estimé que les Tibétains étaient "un groupe collectif persécuté par les autorités pour des motivations politiques, raciales, nationales, ethniques, culturelles, religieuses, ou pour d'autres motivations universellement reconnues comme incompatibles avec le droit international", rapporte le quotidien espagnol El Pais.

Plus de 7000 morts, blessés ou disparus

Les plaignants accusent pour leur part la junte de se livrer depuis le 10 mars à une atteint "généralisée et systématique contre la population tibétaine", explique El Pais. Ils seront entendus les 4 et 10 septembre par l'Audience nationale. La sanglante répression menée par les militaires au pouvoir contre les moines tibétains à la mi-mars a fait quelque 203 morts, 1000 blessés graves, et 5972 disparus, soulignent-ils dans leur plainte. Pékin affirme de son côté que seul un Tibétain a été accidentellement tué par les forces de sécurité chinoises, et que 21 autres personnes ont péri dans ces émeutes.

Cette décision intervient à trois jours de l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, qui accuse d'ailleurs le dalaï lama, chef spirituel des Tibétains en exil, et sa "clique", d'avoir fomenté ces événements dans le but, entre autres, de nuire au bon déroulement des JO.

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