UE: Un sommet à haut risque
Publié le 19 juin 2008 à 9h02 par
Une semaine après le "non" irlandais au Traité de Lisbonne, les dirigeants européens se retrouvent jeudi en sommet à Bruxelles. L'enjeu est clair: sauver le "mini-traité". A quelques jours de la présidence française de l'UE, il s'agira d'un défit de taille pour Nicolas Sarkozy, qui devra pour réussir prouver sa volonté de répondre aux attentes des Européens.

En dépit du ''non'' irlandais, José Manuel Barroso veut aller de l'avant. (Reuters)
"Ne pas retomber dans la dépression". Tel est l'objectif fixé par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, une semaine après le "non" irlandais au Traité de Lisbonne, et alors que les dirigeants de l'Union européenne (UE) se retrouvent jeudi et vendredi en sommet à Bruxelles. Ce rendez-vous, prévu bien avant que le référendum irlandais ne porte un nouveau coup de massue au processus européen, s'est depuis mué en sommet de crise, son objectif étant désormais de sauver le "mini-traité" européen.
Sauver ce texte, ce sera également le challenge de Nicolas Sarkozy, qui s'était déjà battu avec ferveur pour obtenir en décembre sa signature par les 27 Etats membres, et s'apprête de surcroît à prendre la présidence tournante de l'UE, le 1er juillet. Le président français fera tout son possible pour éviter que le schéma de 2005 ne se reproduise. Les "non" français et néerlandais avaient en effet définitivement enterré la constitution européenne. Cette fois, les pro-européens devront trouver des solutions pour que ce revers ne paralyse pas le processus de ratification.
La ratification de la Grande-Bretagne redonne de l'espoir
Et José Manuel Barroso de positiver: "Le non de l'Irlande au traité de Lisbonne ne doit pas signifier que l'Europe doit passer à la trappe", a-t-il fait valoir mercredi devant le Parlement européen. "Nous avons besoin de marins et de navigateurs par beau temps, mais aussi par mauvais temps", a-t-il imagé. Selon lui, pas question, donc, de baisser les bras. "Je serai clair, l'Irlande a la responsabilité d'aider à trouver une solution", a-t-il ajouté, résolu, soulignant que "vingt-sept Etats membres ont signé le traité".
Seul encouragement pour les défenseurs du Traité de Lisbonne: la Grande-Bretagne l'a ratifié, mercredi. La Chambre des Lords a adopté mercredi le projet de loi vers 19H30 GMT par un vote oral, sans décompte précis des voix, à l'issue de plusieurs heures de négociations. Le texte devait encore recevoir jeudi matin le feu vert royal, une formalité qui permettrait au Premier ministre Gordon Brown d'arriver à Bruxelles, le Traité définitivement signé en poche. De quoi redonner un peu d'espoir aux dirigeants européens, d'autant que Londres est connu pour être plutôt eurosceptique. Huit pays doivent encore se prononcer sur le Traité.
Dans ce contexte complexe, un des enjeux du sommet de Bruxelles est en outre de montrer que le message des Irlandais a été entendu. Leur "non" a en effet été perçu comme la preuve que l'UE ne répond pas aux soucis concrets des Européens. L'envolée des prix du pétrole et des matières premières devrait par conséquent occuper une place centrale dans les discussions de jeudi et vendredi. Nicolas Sarkozy, qui prendra la présidence de l'UE le 1er juillet, est notamment décidé à presser ses partenaires sur le plafonnement de la TVA sur les carburants. La chancelière allemende, Angela Merkel, a toutefois rappelé jeudi son opposition à faire jouer le levier fiscal. Son homologue suédois, Fredrik Reinfelt, a adopté la même position, estimant que les consommateurs devaient "comprendre le signal". Le pétrole restera cher et les Européens doivent changer leurs comportements, considère le chef de gouvernement scandinave, comme beaucoup de ses homologues.
Nicolas Sarkozy a par ailleurs d'ores et déjà fait savoir qu'il ne changerait rien de ses projets concernant un pacte sur l'immigration, des accords sur la défense européenne, ou encore l'adoption de mesures de lutte contre le réchauffement climatique. "Il faut lancer un message de volonté d'action sur les sujets d'actualité qui sont au coeur des préoccupations de nos citoyens", a résumé un ambassadeur européen.
Articles sur le même thème
Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.

Il n'y a pas de commentaires pour le moment.