Ukraine: Les "promesses" de l'UE
Publié le 09 septembre 2008 à 19h41 par Nicolas MOSCOVICI
Le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, était l'invité d'honneur de l'Elysée ce mardi dans le cadre d'un sommet consacré aux relations entre l'UE et son pays. Sur fond de crise en Géorgie, autre pays à se tourner vers l'Ouest, la journée a débouché sur un accord d'association entre Kiev et les 27 à partir de 2009. "Un message plein d'espoir et de promesses", dixit Iouchtchenko.

Viktor Iouchtchenko a trouvé, à Paris, de solides partenaires européens. (Reuters)
Fructueuse escale française ce mardi pour Viktor Iouchtchenko. Empêtré dans une nouvelle crise politique interne (lire: Nouvelle crise politique en Ukraine) et sous la menace d'un possibles manoeuvres venues de Moscou, le président ukrainien a pris une bonne bouffée d'oxygène à Paris. Initialement prévu à Evian, mais finalement rapatrié à l'Elysée au regard des troubles qui règnent dans le Caucase, le sommet Union européenne-Ukraine s'est soldé par de belles "promesses" pour Kiev. Les 27, représentés par Nicolas Sarkozy, présidence française de l'UE oblige, mais également par José Manuel Barroso, (président de la Commission) et Javier Solana ("ministre des affaires étrangères" de l'UE), ont en effet entériné un accord d'association avec l'Ukraine. Celui-ci doit être définitivement conclu au deuxième semestre 2009. Il officialisera alors "la création d'une zone de libre échange et d'un dialogue politique" entre les deux parties.
"L'intégrité territoriale de l'Ukraine est parfaitement non négociable"
"Nous saluons le message envoyé par l'Union européenne à l'Ukraine, ce message est plein d'espoir et de promesses", a immédiatement réagi Iouchtchenko en conférence de presse. Mais de là à imaginer que cette première étape préfigure d'une adhésion à moyen terme de son pays à l'UE, qu'il souhaite à l'horizon 2020, il y a un pas que Nicolas Sarkozy n'a pas voulu franchir: "L'accord d'association ne ferme aucune porte", a seulement indiqué le président français, tout en ajoutant toutefois, fier d'utiliser "un tel vocabulaire" "pour la première fois", que "L'Ukraine est un pays européen qui partage avec l'Union une histoire et des valeurs communes". N'en déplaise à Moscou...
Comme la Géorgie de Saakashvili, l'Ukraine de Iouchtchenko, qui possède elle aussi une forte minorité russophone, aspire effectivement à renforcer ses relations avec l'Ouest et prendre du champ avec l'ancien tuteur russe. Les deux pays frappent d'ailleurs en même temps à la porte de l'Otan, même si leur candidature a été mise en "stand-by" lors du dernier sommet de l'organisation, à Bucarest, en avril. Du coup, face à la démonstration de l'armée russe en Géorgie et à la menace de pressions similaires dans son pays, notamment en Crimée, le président ukrainien ne s'est pas privé, aux côtés de l'UE, de se déclarer "gravement préoccupé" par le conflit géorgien et par "la réaction disproportionnée de la Russie". Des déclarations qui ont fait suite au recadrage de l'accord de cessez-le-feu que l'Union européenne avait ramené la veille de Moscou, à l'arraché. Nicolas Sarkozy, excédé par la mauvaise volonté des diplomates russes, avait en effet failli claquer la porte des négociations. "L'intégrité territoriale de l'Ukraine est parfaitement non négociable", a, sur sa lancée, fermement énoncé le président français. Même si, "dans les discussions que nous avons eues hier à Moscou, rien n'a pas pu me laisser penser que le problème se posait". Iouchtchenko ne demande qu'à le croire.
Articles sur le même thème
Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.
Les discussions les plus actives
- Pour ou contre l'hébergement forcé des SDF ?
- Le PS est-il un panier de crabes ?
- Martine Aubry nouvelle secrétaire du parti socialiste !
- Pour ou contre le retour de Noir Désir ?
- Le Beaujolais nouveau a-t-il un goût de banane ou de fruits rouges ?
- L'adoption par les couples homosexuels en question
- PS : ça sent pas la rose !
- Journée de la gentillesse : quel sera votre geste gentil aujourd'hui ?

Il n'y a pas de commentaires pour le moment.