Ajax-loader-form

Un G8, pour quoi faire?

Publié le 06 juillet 2008 à 20h00 par

Le sommet du G8 s'est ouvert lundi au Japon. Placée sous haute surveillance, la réunion des grandes puissances économiques se tient dans un contexte difficile. Outre la crise mondiale, le "club des riches" doit affronter les critiques en son sein propre comme à l'extérieur. Selon Nicolas Sarkozy notamment, il n'est pas "raisonnable de réunir le G8 si les pays émergents en sont absents".

En attendant les véritables négociations, les dirigeants du G8 sont déjà à l'honneur dans les rues de Toyako. - Reuters
En attendant les véritables négociations, les dirigeants du G8 sont déjà à l'honneur dans les rues de Toyako. (Reuters)


Un sérieux toilettage. Ce n'est pas des institutions européennes que le chef de l'Etat français parlait samedi à Paris, mais bien du G8, qui se tient à Hokkaido, île septentrionale de l'archipel nippon. Sorte de club des pays riches, le G8 rassemble depuis sa création en 1975 les grandes puissances économiques du monde, lors de réunions durant lesquelles sont abordés les principaux problèmes et enjeux du monde. Aux six membres d'origine (Etats-Unis, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, France et Italie) se sont ajoutés un an plus tard le Canada, puis la Russie en 1998.

Pour le président français, qui s'exprimait samedi lors de la convention UMP à la Mutualité (Paris), il "n'est pas raisonnable de continuer a se réunir à huit pour régler les grandes questions du monde, en oubliant la Chine - un milliard 300 millions d'habitants - en n'invitant pas l'Inde - un milliard d'habitants - en ayant aucun pays arabe, en ayant aucun pays africain et en ayant aucun pays de l'Amérique latine". Un simple argument de bon sens, que tous ceux qui sont favorables à des réformes en profondeur des institutions internationales défendent, par exemple pour introduire les pays émergents dans le cercle très fermé du Conseil de sécurité de l'ONU.

Des mesures de sécurité exceptionnelles

A l'instar de la Banque mondiale ou du FMI, de plus en plus critiqués, contournés, voire concurrencés par des groupes d'Etats ou des structures échappant aux pays occidentaux les plus développés, le G8 cristallise le mécontentement des altermondialistes. Les manifestations et contre-sommets organisés en marge de chacun des sommets réunissent des milliers de personnes, qui voient plus le G8 comme une association de malfaiteurs que comme un véritable cénacle de sages décideurs. Ce week-end, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dans le centre de Sapporo, au Japon, pour protester contre la tenue du G8.

De fait, le dispositif de sécurité mis en place par les autorités japonaises est à la hauteur des craintes de débordements. Depuis la série d'attentats qui avait tué une cinquantaine de personnes dans le réseau de transports londonien en marge du sommet de Gleneagles, en 2005, chaque sommet est entouré de mesures importantes. Cette année, le périmètre de sécurité mis en place par les autorités nippones autour de l'hôtel Windsor de Toyako, à environ 800 km de Tokyo, confine à l'exceptionnel. Flotte aérienne spéciale, interdiction de survoler la zone dans un rayon de 46 km, barrages filtrants, vedettes et navires militaires... L'hôtel sera la semaine prochaine l'un des endroits le mieux protégé du monde, 16000 hommes venant pour l'occasion en renfort de la police d'Hokkaido, déjà forte de 5000 hommes.

Et la politique dans tout ça?

De quoi normalement permettre aux chefs d'Etats réunis de discuter en toute tranquillité. Et le programme est chargé: ralentissement de l'économie mondiale, faiblesse du dollar, envolée des prix du pétrole, du cours des matières premières et des produits alimentaires, négociations laborieuses du cycle de Bali sur le réchauffement climatique, les sujets de manquent pas. De l'aveu même de l'Elysée, ce sommet est "exceptionnellement important". Et pas seulement parce que la France préside une Union européenne qui devrait - alors que George W. Bush termine son mandat et que Dmitri Medvedev, le nouveau président russe, entame à peine le sien-, jouer un "rôle pivot" dans les négociations.

Reste que pour persuader ses partenaires du G8 et les grands pays émergents invités à prendre des engagements sur la réduction des gaz à effet de serre (GES), les talents d'orateurs et la persuasion de Nicolas Sarkozy risquent bien de ne pas suffir. Excepté le Japon, qui défend des positions très proches de celles des Européens, les Etats-Unis, la Russie, le Canada et les pays émergents sont loin d'être acquis à l'objectif présenté par le chef de l'Etat français de l'engagement "ferme et définitif" des pays industrialisés de réduire de 50% leurs d'émissions en 2050 par rapport à 1990.

Nicolas Sarkozy seul au Japon... et à Pékin?

Nicolas Sarkozy devrait avoir plus de facilités à faire entendre sa voix sur la question de la crise alimentaire. Dans la foulée du plan présenté à Rome le 3 juin dernier au sommet de la FAO, les idées d'une réorientation vers l'agriculture vivrière des financements des banques de développement ainsi que d'une réorganisation des instances internationales de l'agriculture et de l'alimentation devraient se voir validées.

Finalement, vu de France, les deux informations essentielles à attendre de ce G8 n'ont pas grand-chose à voir avec le réchauffement climatique ou l'aide alimentaire. Dans la rubrique people, Nicolas Sarkozy devrait –comme Angela Merkel ou Silvio Berlusconi - se rendre en célibataire au Japon, Carla étant officiellement retenue en France pour assurer la sortie de son nouvel album (avancée au 11 juillet). C'est donc seul que Nicolas Sarkozy devrait annoncer mercredi, à l'issue d'une entrevue avec son homologue chinois Hu Jintao, s'il assistera ou non à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin le 8 août prochain. Un suspense, lui aussi, tout diplomatique.

Copyright 2008 © leJDD.fr


Il n'y a pas de commentaires pour le moment.

Écrire un commentaire

Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.