Une signature en trompe l'oeil?
Publié le 16 août 2008 à 14h44 par Fabrice VOISIN
Comme promis la veille à Nicolas Sarkozy et alors que Mikhaïl Saakachvili avait apposé son paraphe, Dmitri Medvedev a signé samedi l'accord de cessez-le-feu proposé par le président français. Un accord qui prévoit notamment le retrait des troupes russes de Géorgie. Pourtant, presque simultanément, la Russie était accusée de la destruction d'un pont ferroviaire non loin de Tbilissi.

Medevedev a signé mais les troupes russes n'ont pas bougé. (Reuters)
La Russie souffle chaud et le froid en Géorgie. Nicolas Sarkozy qui, vendredi, avait obtenu au téléphone avec Dmitri Medvedev, l'assurance que la Russie signerait le cessez-le-feu dont il était le porteur, en a eu la confirmation samedi. Dans la matinée, le Kremlin a en effet annoncé que le président russe avait apposé sa signature sur le document reçu par fax sur lequel figurait celle de son homologue géorgien.
Une signature russe accompagnée de la promesse de Moscou de respecter "scrupuleusement ses engagements", notamment concernant le retrait des troupes russes de Géorgie. Une promesse pas encore tenue dans les faits. Ainsi, Moscou a indiqué samedi que le retrait de ses forces était suspendu à la mise en place des "mesures de sécurité additionnelles" prévues par l'accord de paix. Un retrait que se fera donc "au fur et à mesure que ces mesures de sécurité seraient mises en place", a précisé Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères.
Ainsi, samedi, plusieurs chars russes étaient encore en place à moins de cinquante kilomètres de Tbilissi, la capitale géorgienne. Autour de Gori, les troupes russes ne donnent aucun signe tangible laissant croire qu'elles sont sur le départ. "Nous resterons ici jusqu'à ce que Saakachvili démissionne", a même lancé, goguenard, un soldat russe à un journaliste de Reuters...
La Russie dément avoir fait sauter un pont
Samedi encore, des journalistes de Reuters ont constaté la destruction d'un pont ferroviaire stratégique, à Kaspi, à environ 45 km à l'ouest de Tbilissi. Ce pont, selon des habitants de la région, a été détruit par une charge explosive posée par des soldats russes. Une affirmation confirmée par le Premier ministre géorgien, Lado Gourgenidze: "A 12h20, les forces russes ont fait sauter un grand pont ferroviaire près de Gori. A la suite de cette destruction, il n'y a plus de communications ferroviaires entre l'est et l'ouest du pays. Pour combien de temps, je ne sais."
L'armée russe a démenti être à l'origine de la destruction de ce pont. "Nous sommes maintenant en temps de paix. Pourquoi irions-nous faire sauter des ponts?", a ainsi déclaré le général Anatoli Nogovitsyne, adjoint au chef d'état-major de l'armée, lors d'un point de presse à Moscou. "C'est encore une de ces affirmations qui ne sont jamais vérifiées. Nous ne menons pas de bombardements, je peux vous l'assurer en toute responsabilité", a-t-il ajouté.
Copyright 2008 © leJDD.fr
Articles sur le même thème
Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.

Il n'y a pas de commentaires pour le moment.