Zimbabwe: Vers un second tour?
Publié le 10 mai 2008 à 17h53 par
Y aura-t-il un second tour de la présidentielle au Zimbabwe? Morgan Tsvangirai, le leader de l'opposition, a finalement accepté cette éventualité ce samedi, sous certaines conditions. Il a notamment exigé que le scrutin puisse être surveillé par des observateurs internationaux. Mais le gouvernement zimbabwéen a aussitôt rejeté ses exigences...

Tsvangirai a accepté de disputer un second tour face à Mugabe. (Reuteurs)
Morgan Tsvangirai fait un pas en avant et le gouvernement du Zimbabwe un en arrière. Le chef de l'opposition zimbabwéenne a enfin accepté ce samedi de disputer un second tour des élections face au président sortant, Robert Mugabe. "Le Mouvement pour le changement démocratique a décidé de participer au second tour. Le peuple est prêt pour le changement, nous devons réaliser un rêve", a déclaré Morgan Tsvangirai devant la presse à Pretoria. "Ce second tour pourrait être le dernier round d'un très long combat pour nous libérer de notre ancien libérateur", a-t-il lancé en référence à Robert Mugabe. C'est une première, puisque Morgan Tsvangirai et ses partisans sont convaincus d'avoir remporté l'élection du 29 mars dès le premier tour. La semaine dernière, le président de la Commission électorale avait déclaré que Tsvangirai avait recueilli 47,9 pour Mugabe. Mais le MDC avait contesté ces résultats affirmant que son chef avait franchi la barre des 50% et qu'il devait donc être déclaré élu...
Actuellement réfugié en Afrique du Sud, le leader de l'opposition, qui n'a cessé de revendiquer sa victoire à la majorité absolue depuis le 29 mars, a donc accepté de rentrer d'ici lundi, mais sous certaines conditions. Il a tout d'abord réclamé un arrêt total des violences contre ses partisans et le déploiement d'une force de maintien de la paix dans le pays. Il a aussi souhaité que des observateurs internationaux puissent veiller au bon déroulement du scrutin et que les médias couvrent l'événement sans aucune entrave.
A Harare, le ministre zimbabwéen de la Justice Patrick Chinamasa a aussitôt rejeté ses exigences. "Le second tour se tiendra dans le cadre de la constitution et des lois électorales. Il n'y aura pas de conditions préalables extérieures à ce cadre" a-t-il déclaré. Les autorités de Harare ont interdit la majeure partie des observateurs internationaux des scrutins passés, estimant qu'ils penchaient en faveur de l'opposition et sapaient par leurs ingérences le déroulement des scrutins.
Du coup, ce second tour aura-t-il lieu? La date, en tous cas n'en a toujours pas été fixée. Il devrait se tenir avant le 24 mai, soit, selon la loi, dans les 21 jours après la proclamation des résultats. Mais la Commission électorale a déjà averti que l'attente pourrait durer. Morgan Tsvangirai acceptera-t-il ce second tour si le gouvernement ne se plie pas à ses exigences? Sans compter que l'opposition n'est pas la seule à avoir accusé le régime de manipuler les élections. Et d'avoir orchestré des violences contre elle. Ces dernières ont déjà fait des dizaines de morts et des centaines de blessés depuis le 29 mars. Des associations de lutte pour les droits de l'Homme ont elles aussi pointé du doigt le gouvernement. Et doutent sérieusement de la possibilité d'obtenir un second tour libre et régulier.
Copyright 2008 leJDD.fr
Articles sur le même thème
Copyright ©2008 Newsweb. Tous droits réservés.

Il n'y a pas de commentaires pour le moment.