JO: Rogge a toujours la flamme
Publié le 09 avril 2008 à 12h35 par
Avant de rencontrer le Premier ministre chinois Wen Jiabao, Jacques Rogge, le président du Comité international olympique (CIO) a tenu à démentir officiellement la "rumeur" selon laquelle l'organisme envisagerait à l'avenir de mettre fin au parcours international de la flamme. Une torche dont le périple toujours aussi chaotique se poursuit mercredi à San Francisco, sa seule étape américaine.

Selon Jacques Rogge, le parcours mondial de la flamme reste d'actualité pour les olympiades à venir. (Reuters)
Il n'est pas question de mettre fin au parcours mondial de la flamme olympique, ni aujourd'hui ni à l'avenir. Voilà le message que Jacques Rogge, le président du CIO (Comité international olympique), a tenu à faire passer ces dernières heures, alors que plusieurs informations insistantes faisaient état d'un abandon, dans les olympiades à venir, de ce périple symbolique.
"Il n'y a pas de discussion dans ce sens là , il n'y a pas de dynamique de cessation", a d'abord déclaré Jacques Rogge sur France 3 mardi soir. Avant de renchérir mercredi dans les colonnes du Wall Street journal, affirmant que ces "rumeurs" étaient "fondés sur une méprise". Le président du CIO, qui a rencontré le Premier ministre chinois Wen Jiabao mercredi matin pour faire le point sur les préparatifs de Jeux et les péripéties de la flamme, s'est par ailleurs dit "attristé qu'un symbole aussi beau que la flamme, qui unit des personnes de religions, d'origines ethniques, de systèmes politiques, de cultures et de langues différents, ait été attaqué."
Près de 1000 arrestations au Tibet
Jacques Rogge n'a pas fini de se lamenter. Car après les très nombreux incidents qui ont émaillé le passage de la flamme à Londres puis à Paris, la torche olympique poursuit mercredi son chemin de croix dans les rues de San Francisco. D'importantes manifestations sont d'ores et déjà prévues sur le parcours, pour protester contre la situation au Tibet, en Birmanie, mais aussi au Darfour, la Chine étant accusée de ne mettre aucune pression sur le Soudan. Dès mardi, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans la cité californienne, scandant "Honte à la Chine", et arborant des drapeaux tibétains. Inquiète, la municipalité de San Francisco a demandé des conseils à ses homologues parisienne et londonienne pour gérer au mieux la situation. Les autorités américaines ont déjà fait savoir que le dispositif de sécurité serait renforcé, et que le parcours de la flamme serait à tout moment susceptible d'être modifié.
Et le Tibet, dans tout ça? Alors que les manifestations de soutien se multiplient un peu partout dans le monde, la situation dans la "région autonome" reste des plus tendues. Mercredi, le gouverneur de la région a annoncé que la police chinoise a arrêté 953 personnes depuis le début des violences, en précisant qu'il s'agissait d'une minorité qui ne représentait pas le peuple tibétain ou les religieux bouddhistes. Par ailleurs, une quinzaine de moines a interrompu un voyage de presse organisée par les autorités. "Le dalaï-lama doit revenir au Tibet. Nous ne demandons pas l'indépendance du Tibet, nous demandons seulement des droits humains, nous n'en avons pas actuellement", a déclaré l'un d'eux.
La flamme olympique sera de passage au Tibet dans le courant du mois de mai. Les autorités chinoises, par la voix de Qiangba Puncog, président du gouvernement de la région autonome du Tibet, a déjà mis en garde les éventuels fauteurs de trouble: "Si quelqu'un ose saboter le relais de la torche au Tibet ou lors de l'ascension du Mont Everest, nous le punirons sévèrement et nous n'aurons pas la main légère." Un message qui a le mérite de la clarté.
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