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Lamour: "Je suis totalement contre le boycott"

Publié le 07 avril 2008 à 17h39 par

Jean-François Lamour, récemment élu à la tête de l'UMP parisienne, se trouvait sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris lundi, alors que la cérémonie prévue pour accueillir la flamme a été annulée. "Un parcours totalement raté", juge le député qui, en tant qu'ancien champion olympique d'escrime, "vit très très mal" la transformation des cinq anneaux olympiques en menottes par RSF.

L'ancien ministre des Sports, Jean-François Lamour, critique la surenchère des militants des droits de l'Homme. - Maxppp
L'ancien ministre des Sports, Jean-François Lamour, critique la surenchère des militants des droits de l'Homme. (Maxppp)


Le parcours de la flamme dans les rues de la capitale a été fortement perturbé lundi. Votre réaction?
Je ne sais pas quoi vous dire. J'étais à l'instant à l'Hôtel de Ville. Ce ne sont même plus les sportifs qui tiennent la flamme. Elle est passée dans un bus qui ne s'est pas arrêté. Le parcours est totalement raté. Les athlètes sont choqués par ces événements.

Qu'en pensez-vous?
Il y a deux messages. Pour les sportifs, c'est terrible. Je comprends qu'en démocratie, on exprime son opposition frontale à tel ou tel régime. Je l'admets car c'est comme cela que nous concevons notre démocratie. Je comprends aussi qu'on utilise le parcours de la flamme, le symbole des Jeux, pour s'exprimer. Ce que je n'admets pas, c'est qu'on cherche à créer des obstacles par tous les moyens possibles. C'est un peu comme si on voulait faire mieux que Londres [des incidents ont émaillé le parcours de la flamme dans la capitale anglaise dimanche, ndlr], on veut faire "plus vite, plus haut, plus fort". La maxime de l'olympisme est utilisée dans le sens inverse. C'est méprisant pour les sportifs.

Quel est l'autre message?
Je pense que c'est contre-productif. Je ne pense pas que ça va faire "plier" les Chinois, qui, je le rappelle, sont 1,3 milliard. Désormais, on a quatre mois pour que les uns et les autres comprennent qu'il faut converger. Le peuple chinois va accueillir le monde entier pendant quinze jours. Il va être regardé à la loupe. Dans ce contexte, les faiblesses de la Chine, qui a connu de nombreuses évolutions depuis vingt ans, sont encore plus mises en avant. La Chine doit en tirer les enseignements. Du côté des Occidentaux, il faut essayer de comprendre comment vivent les Chinois. Il faut arrêter de regarder la Chine avec le prisme de notre propre société, qui est, de surcroît, loin d'être parfaite. Il faut insister sur la volonté de dialogue avec le dalaï-lama, sur le retour au calme.

"Qu'on arrête de nous bassiner avec le boycott"

Certains appellent au boycott politique de la cérémonie d'ouverture. Qu'en pensez-vous?
Qu'on arrête de nous bassiner avec le boycott. Quand je vois que Ségolène Royal appelle au boycott alors qu'il y a un an, elle était sur la muraille de Chine en train de nous parler de bravitude... Il faut en finir avec la démagogie. Je suis totalement contre le boycott. Si on va aux JO, il faut y aller vraiment. L'hymne et le drapeau français seront à Pékin les symboles de la démocratie. Après, il est évident que les sportifs doivent pouvoir s'exprimer. Il est aussi important que les médias puissent aller partout en Chine durant cette période. Par ces JO, les Chinois nous disent "on existe et on s'ouvre au monde". Moi je dis "banco", je tope avec eux et je veux les accompagner dans cette démarche.

Que pensez-vous de la cacophonie gouvernementale ce week-end? Rama Yade a posé des "conditions" à la présence de Nicolas Sarkozy à Pékin le 8 août prochain avant de démentir ses propos.
Je comprends les uns et les autres. Mais il ne faut pas parler de conditions. Ça ne veut rien dire. Il faut parler de paramètres à mettre en phase, ou pas. Il faut prendre en compte que la France sera bientôt présidente de l'Union européenne. C'est un élément qui ajoute à la réflexion. A quelques jours de l'ouverture des JO, il faudra étudier tous les paramètres en jeu. D'ici là, chacun doit y mettre du sien.

Vous parlez de "paramètres" à étudier à quelques jours du début des JO. Si la situation est la même au Tibet le 8 août prochain, un boycott serait-il dès lors envisageable?
Je ne suis pas à la place du président de la République. Je vous parle davantage en tant qu'ancien sportif qui a vécu le boycott partiel des JO de Moscou [en 1980, ndlr]. Nous avons participé aux JO sans hymne ni drapeau. Nous n'existions pas. Nous étions transparents, translucides. Sur ce sujet, je vous parle avec mes tripes. A titre personnel, dès qu'on évoque le boycott, ça m'évoque tellement de mauvais souvenirs, pour moi, pour les autres... C'est quelque chose qui ne doit pas être imposé. Je conçois tout à fait qu'un athlète décide de ne pas se rendre aux Jeux, en raison de ses convictions personnelles. Mais il ne faut rien imposer. Est-ce qu'on peut, comme ça, refuser à 1,3 milliard de personnes le droit de dialoguer? C'est totalement irresponsable.

Que pensez-vous de l'attitude des athlètes français dans ce dossier?
Ils m'ont fait plaisir. On a tellement utilisé les anneaux à leur place. Avec leur badge, ils se sont réapproprié les anneaux et un slogan présent dans la charte olympique [Pour un monde meilleur, ndlr]. Je suis très heureux. Pour tout vous dire, la transformation des cinq anneaux en menottes [transformation opérée sur les affiches de Reporters sans frontières, ndlr], c'est quelque chose que je vis très très mal.


Commentaires (1)

victoire | il y a 8 mois Signaler un abus Signaler un abus

Quelle belle illustration d'égoïsme ! Monsieur, renseignez vous un peu sur le massacre tibétain avant de parler de la sorte ! Vous restez sur votre point de vue sans voir plus loin que les anneaux !

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