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SMS: Sarkozy annule tout

Publié le 19 mars 2008 à 13h49 par

Nicolas Sarkozy retire la plainte contre le journaliste du Nouvel Observateur qui avait publié SMS prétendument envoyé par le président à son ex-femme, Cécilia, quelques jours avant son mariage avec Carla Bruni. C'est du moins ce qu'affirme la nouvelle première dame de France dans une tribune publiée dans Le Monde daté de jeudi.

Carla Bruni tente de mettre fin à l'affaire du SMS. - Reuters
Carla Bruni tente de mettre fin à l'affaire du SMS. (Reuters)


"Désormais l'affaire du faux SMS est close; mon mari vient de retirer sa plainte contre Le Nouvel Observateur après réception de la lettre d'excuses qu'Airy Routier m'a adressée", déclare la première Dame de France. Mais avant de tirer définitivement un trait sur cette histoire, Carla Bruni tient à mettre quelques points sur les "i".

Retour sur les faits. Une semaine avant le mariage de Nicolas Sarkozy et de Carla Bruni, Airy Routier, journaliste au Nouvel Observateur, publie une information sur le site de l'hebdomadaire. Le président de la République aurait envoyé un SMS à son ex-femme disant "si tu reviens, j'annule tout". Nicolas Sarkozy annonce alors qu'il porte plainte au pénal pour "faux, usage de faux et recel". La polémique est lancée. Les uns accusent le président d'intimidation arguant qu'une plainte au civil pour diffamation aurait suffi, les autres estiment que le Nouvel Observateur est allé trop loin. Jean Daniel, directeur de l'hebdomadaire déclarera: "Si j'avais eu l'information dont Airy Routier a disposé, je me serais empressé de m'en détourner." Cependant, si le Nouvel Observateur reconnaît que l'information ne méritait pas d'être publiée, il ne remet pas en doute son authenticité.

Cécilia Ciganer auditionnée

La Brigade de répression des fraudes, saisie de l'affaire, entendra Airy Routier qui affirme disposer de "sources solides" sans toutefois pouvoir produire des preuves et en reconnaissant ne pas avoir lu lui-même le fameux texto. Cécilia Ciganer, ex-Sarkozy, sera également entendue et niera avoir reçu un tel message. Mardi, on apprenait qu'Airy Routier s'était excusé par courrier auprès de Carla Bruni-Sarkozy.

Dernier rebondissement censé clore le chapitre, donc, cette tribune de la première dame de France dans le journal Le Monde. "Je n'ai aucune leçon de déontologie à donner à qui que ce soit, mais il me semble que quand un 'journaliste', aux dépens de l'honnêteté qu'il doit à ses lecteurs, sanctifie la rumeur et prend ses désirs pour des réalités, il ne doit pas invoquer des 'sources en béton'", assène Carla Bruni avant de poursuivre: "La liberté exige d'avoir le sens des responsabilités, tout comme la transparence exige l'honnêteté, sans quoi, comme le dit Gad Elmaleh (dans La vérité si je mens): 'C'est la porte ouverte à toutes les fenêtres'." La première dame de France termine ensuite sa tribune par une citation, plus classique, de Beaumarchais sur la calomnie...

Réponse d'Airy Routier et du Nouvel Observateur

La réponse d'Airy Routier ne s'est pas fait attendre. "Je n'ai absolument pas modifié ma position sur l'authenticité du SMS contesté. Je me suis contenté, dans une lettre privée adressée à Carla Bruni-Sarkozy de ma propre initiative, de lui dire mes regrets de l'avoir blessée à titre personnel par cette publication. Cette lettre aurait dû, à mes yeux, rester privée. Carla Bruni a eu l'inélégance d'en faire état publiquement en en déformant le sens. C'est pourquoi, je me permets à regret d'en publier le contenu intégral", écrit le journaliste dans un communiqué transmis au Nouvel Observateur.

Dans sa prochaine édition de jeudi, l'hebdomadaire publie à son tour une mise au point. "Après la controverse publique sur le SMS envoyé par le chef de l'Etat à son ex-épouse, Cécilia Sarkozy, selon certains de nos confrères, aurait confié aux policiers qui l'interrogeaient qu'elle n'avait 'jamais reçu ce message' ni 'aucun autre de cette tonalité'. Si tel est bien le cas, le Nouvel Observateur en prend acte et se doit d'en informer ses lecteurs. Comme nous l'avons déjà dit, ce confidentiel n'aurait pas dû être publié sur notre site. Reste qu'à nos yeux, la bonne foi de notre journaliste - qui maintient ses positions – est entière. Les poursuites engagées contre lui pour 'faux et usage de faux', en totale dérogation avec le droit de la presse, sont donc à la fois disproportionnées et injustifiées. Une certitude: la loi de 1970 régissant les rapports entre vie publique et vie privée est aujourd'hui en crise. Nous appelons tous les acteurs de l'information mais aussi les juristes et les élus à entamer rapidement le débat nécessaire."

L'affaire est-elle vraiment close, comme le souhaiterait Carla Bruni?


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