Colombes: Rama Yade dérape
Publié le 20 février 2008 à 11h09 par
Samedi, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, dénonçait violemment les méthodes du Parti socialiste lors d'une réunion publique. Un PS "qui s'en prend à [elle] parce qu' [elle] est noire", déclarait-elle. Philippe Sarre, le candidat socialiste dans la course à la mairie de Colombes, dénonce des propos d'une "rare violence" et évoque une possible plainte pour diffamation.

Rama Yade est dans l'oeil du cyclone après ses déclarations sur le Parti socialiste. (Reuters)
"C'est la première fois dans ma vie que j'organise une réunion publique", déclarait Rama Yade en ouverture de sa rencontre, samedi, avec les habitants de Colombes. Une première que la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme n'est pas prête d'oublier. Venu apporter son soutien à Nicole Goueta, la tête de liste UMP dans la commune qui l'a vu grandir, Rama Yade est revenue sur un épisode qui lui avait à l'époque valu les remontrances de François Fillon: le délogement de squatteurs à Aubervilliers. Et pour l'occasion, elle n'a pas mâché ses mots à l'égard du Parti socialiste.
En difficulté dans les sondages, Nicole Goueta comptait sur le soutien de Rama Yade pour inverser la tendance à quelques semaines du début des élections municipales. Pas sûr qu'elle soit satisfaite de la polémique initiée par sa colisitière. Avec l'installation de 61 caméras de vidéosurveillance et la mise en place d'une police municipale armée, Nicole Goueta souffre en effet d'une image sécuritaire que Rama Yade devait contrebalancer. Sauf que son intervention de samedi dernier lors d'une réunion publique n'allait aucunement en ce sens. Bien au contraire.
Le PS envisage de porter plainte
Assise aux côtés de l'ex-footballeur marseillais Basile Boli, Rama Yade décidait de revenir sur son passage critiqué - à Aubervilliers lors du délogement de squatteurs en septembre dernier. Rappelant que cette expulsion avait été demandée par le maire communiste d'Aubervilliers, le secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, s'en est ensuite violemment pris aux socialistes: "Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c'est cette gauche qui s'en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s'en prend à moi parce que je suis noire", déclarait-elle alors.
Des déclarations qui n'ont évidemment pas laissé insensible son adversaire socialiste à Colombes. Dans un communiqué, Philippe Sarre dénonce ainsi des propos d'une "rare violence" et trouve "désolant que l'UMP en soit rendue à ce niveau et qu'un membre du gouvernement de la République n'ait pas d'autres arguments à faire valoir en direction des Colombiens". Le candidat socialiste va même plus loin et précise qu'en cas "d'absence d'excuses publiques, nous nous réservons la possibilité de poursuivre en justice ces propos diffamants et souhaitons que chacun et chacune reviennent à une attitude digne et responsable", a-t-il ajouté. Depuis, Rama Yade n'a pas souhaité commenter ce qui ressemble à un dérapage verbal.

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